mardi 18 mai 2010

Marc Ducret Quintet (Le Triton - 15 Mai 2010)

Grande première, je découvre que cette salle n'est presque pas "de banlieue" puisque sur le métro, et facilement accessible depuis chez moi ... Dire que la veille, il y avait Portal avec Codjia, bref ...

Ce soir donc, Marc Ducret, que j'ai déjà vu en duo, en trio, et en big band, et à chaque fois dans un lieu différent, joue avec un nouveau quintet à moitié français et à moitié scandinave.

La première chose qui marque, c'est l'absence de contrebasse. Ce sera le saxophone basse de Fred Gastard qui en fera office. Armé d'une batterie de pédales d'effets bien plus importante que celle de Ducret, il balance des lignes rythmiques d'une énergie redoutable, dans une impressionnante démonstration de puissance et de souffle.
A ses cotés, le batteur Peter Bruun, bien dans la même tradition que l'habituel comparse Eric Echampard, hargne et technicité, moins rock et parfois un brin maladroit (il perd des baguettes à plusieurs reprises, quand il ne doit pas réparer ses cymbales ou son pied de grosse caisse !).
Tous deux s'apaisent par moments dans des explorations plus bruitistes, avec des techniques de souffle continu et des sons plus caverneux pour Gastard, et un jeu d'archet sur les bords des futs ou des cymbales pour Bruun.
Du coté des soufflants, on a Kasper Tranberg au cornet, très incisif, et Matthias Mahler au trombone, excellent également.
Et enfin, Marc Ducret, presque minimaliste dans son équipement, puisqu'il n'a qu'un seule guitare et deux pédales. Son jeu est toujours incandescent, chevauchées pleines de rages mais pas saturées.

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Les morceaux sont complexes, comme souvent chez Ducret, dépassant allégrement les 15 ou 20 minutes, avec des épisodes variés, duos, trios, changements de tempi et de textures, thèmes repris dans d'autres morceaux, etc. Mais les moments les plus prodigieux sont les chorus, où les quatre lignes (saxophone basse, trombone, cornet, guitare) se superposent et s'entrecroisent dans une course haletante alimentée par la batterie, des boucles mutantes d'où fuse une énergie extraordinaire. On approche d'une sensation de transe. C'est fort et c'est bon.
Ce groupe n'existe que de quelques semaines de répétition et c'est son deuxième concert. Ils enregistrent très bientôt. Il y a dans cette manière de procéder un retour à du fondamental du Jazz qui ravit.
Deux sets, et quelques prolongements, qui s'achèvent par une berceuse, une grande soirée.

Ailleurs : Jean-Jacques Birgé, mes photos, des photos par Christophe Alary
Je découvre ici que des vidéos ont été faites ! Au Triton, et surtout (plus propres) à Genève : partie 1, partie 2, partie 3

3 commentaires:

Jipes a dit…

Lors du concert de Sylvain Luc avec Bernard Lubat j'avais bien aimé l'acoustique du Triton et la qualité du son apparemment il en a été de même pour ce concert ? Existe t'il un CD de cette formation ?

bladsurb a dit…

Oui, l'acoustique de la salle est impeccable. D'après une conversation, c'est un point auquel l'équipe de la salle tient particulièrement.

Non, il n'y a pas encre de trace discographique de cette formation. Ils vont enregistrer, au studio du Triton, dans les prochaines semaines. Mais je ne sais pas quand ce disque sera disponible (certains labels type ECM retiennent des enregistrements plusieurs années avant de les distribuer ! Et Ducret a déjà eu des ennuis avec un CD live de son trio qui était si bloqué qu'il l'a finalement distribué lui-même en fin de ses concerts ...).

Le concert était aussi filmé, mais la vidéo n'était destinée qu'au groupe (qui en fera ce qu'il voudra, possiblement rien).

K a dit…

Belle coïncidence, j'ai vu ce quintet à Nantes vendredi 2& mai, un excellent set avec Ducret toujours aussi exigeant/chercheur/incandescent ... Très belle soirée !
ET effectivement,j'ai vu moi aussi Ducret en diverses occasion, jamais deux fois le même projet :))