samedi 17 juin 2017

Trio En Corps / Risser, Duboc, Perraud (Atelier du plateau - 15 Mars 2017)

Ce trio a sorti un disque il y a quelques années, et célèbre la sorte d'un deuxième ce soir. Je connaissais les trois musiciens, mais ils sont si polyvalents que le résultat de leur alliage était peu prévisible.

A une extrémité, il y a Edward Perraud, qui restructure continuellement sa batterie, démontant une cymbale, utilisant des archets aux formes étranges, complétant son set par des percussions venues d'ailleurs, pour varier continuellement les couleurs, les textures, les sonorités proposées. A l'autre extrémité, Eve Risser joue sur un piano préparé, dans une sorte de minimalisme exacerbé, des boucles sur deux ou trois notes, des scansions d'accords qui fouillent et s'enfoncent, mais où pulse une intensité d'invention à la Cecil Taylor, avant de tripatouiller d'indevinables objets dans la caisse de résonnance. Et au milieu, Benjamin Duboc règle la marche depuis sa contrebasse ; il me semble que c'est lui qui lance les nouvelles séquences et gère les changements de climat, entre des plages presque statiques, où tout vibre, fluctue, grince et grandit souterrainement, dans une nuit un peu hallucinée, et d'autres plages plus dynamiques, parfois même rythmiquement très vives, où d'éphémères schémas surgissent, oh une mélodie, oh un emportement synchrone, avant de se disloquer.
Tout ça est à fleur de peaux, à fleur de nerfs, à fleur de muscles, avec des identités très fortes à chaque pupitre, et de spectaculaires et imprévisibles changements parfois d'un instant à l'autre. Un trio en confrontation bien plus qu'en fusion, mais qui génère une musique organique et passionnante.

trio à corps

Ailleurs : concert de ce soir par Anne Montaron, chronique de leur deuxième disque par Philippe Méziat.

Budapest Festival Orchestra / Beethoven, Mahler (Philharmonie de Paris, 10 Mars 2017)

Ludwig van Beethoven - Symphonie n°1

Une interprétation que je vais avoir du mal à définir, puisque je découvre pour ainsi dire l'oeuvre (ben oui). Ce qui me semble cependant, c'est que la matière sonore sonne excessive par rapport au propos musical : c'est-à dire que pour moi, l'orchestre est trop gros, le son trop épais. J'aimerais trouver une version plus "orchestre de musique de chambre", pour voir si ça me convient mieux ...

Gustav Mahler - Le Chant de la Terre

Plus encore que le ténor Robert Dean Smith, pas vraiment passionnant, et que l'alto Gerhild Romberger, pourtant excellente, c'est l'orchestre, le Budapest Festival Orchestra, et son chef, Ivan Fischer, qui emportent le morceau. Sans esbroufe ni mise en avant de détails spectaculaires, il déroule le récit de façon très naturelle, mais en suscitant une attention constante : je suis happé tout du long, chants pairs et impairs, subjugué par la beauté simple des timbres, par le dynamisme des équilibres, par la conviction des musiciens. C'est une réalisation admirable.

budapest festival orchestra

Ailleurs : Julien Hanck

Texier / Marguet quartet For Travellers Only (Le Triton - 25 Février 2017)

Bon, heureusement qu'il y avait une vidéo du concert pour réveiller quelques souvenirs ...

Dans ce quartet mené par Sébastien Texier et  Christophe Marguet, on retrouve un compagnon de longue date, Manu Codjia à la guitare, et plus original, François Thuillier au tuba pour remplacer la contrebasse. Tous les thèmes viennent de Texier et Marguet, les plus rythmiques venant du saxophoniste, et les plus mélodieux venant du batteur. Pour tout dire, on est en terrain connu, et la couleur particulière amenée par le tuba pourrait être davantage travaillée et mise en avant, car elle se fait oublier, sauf lors des solos (avec glissandi barissants du plus bel effet).

De la douceur touchante de "Peace ouverture" (?) et son magnifique solo de guitare (ce soir, Codjia est un peu en sourdine, je le préfère plus tranchant et flamboyant), au déroulé impeccable et captivant de "Cinecittà", son rythme de bal populaire où la nostalgie enfle et se densifie jusqu'à déborder et m'emporte, sur les ailes de la clarinette de Texier et les fûts aiguisés de Marguet, les thèmes se suivent, pas tous à la même hauteur (le répertoire est en cours de création, joué pour la première fois ce soir). Mais la soirée est très agréable, ce qui est peu étonnant vus les musiciens réunis et l'entente qui les lie après tant d'années à se côtoyer chez les uns et les autres.

Bon vent donc à ce nouveau projet, à ses voyages et ses influences variées !

mardi 9 mai 2017

Planning Mai - Juin 2017

Ouhla, folle activité. Vais-je tenir le rythme ?



jeudi 16 mars 2017

EIC - Rothko Chapel (Cité de la Musique - 24 Février 2017)

Jay Schwartz - M

Cette pièce s'inspire d'une statue hommage peu conventionnel à Mozart. Et de fait emprunte, entre autre, quelques mots du Requiem, psalmodiés par le baryton Evan Hugues. Au bout d'un moment, les ondulations perpétuelles des cordes deviennent lassantes. Le tout devrait être impressionnant mais ça me laisse assez indifférent.

Matthias Pintscher - beyond (a passing of time)

Pièce solo pour flûte. Sophie Cherrier est comme d'habitude impériale, mais qu'est-ce que cette pièce propose que 100 pièces contemporaines pour flûte solo n'aient pas déjà proposé avant ? Qu'apporte-t-elle de particulier , Pas grand souvenir.

Gregor A. Mayrhofer - Grosse Huldigung an das technische Zeitalter

C'est le compositeur Gregor Mayrhofer qui dirige l'EIC ce soir, et c'est ma pièce préférée de la soirée. Une écriture dynamique, variée, qui ne cherche pas à inventer à toux prix, mais qui entraîne l'auditeur de surprise en surprise. J'aimerais beaucoup la réentendre !

Benjamin Attahir - Et nous tournions autour de ces fontaines hallucinées

Menée par deux violons au premier plan (le compositeur est également violoniste), cette musique est vive, colorée, assez échevelée, donne bien une idée d'hallucination. Un peu long trouveront certains.

Morton Feldman - Rothko Chapel

A l'EIC vient s'ajouter la chorale des Cris de Paris. Cette musique ne me touche pas. C'est joli, mais bof, ça ne fonctionne pas sur moi.

eic joue Rotko Chapel
Ailleurs : Alexandre Jamar, Michele Tosi

mardi 14 mars 2017

Munich / Gergiev (Philharmonie de Paris - 21 Février 2017)

Claude Debussy - Prélude à l'après-midi d'un faune

Euh, c'est le Faune, ça ? Ce truc sans mystère, sans épanouissement, sans sensualité, joué à deux à l'heure ? Le flûtiste solo est formidable, mais autour de lui, c'est consternant de non-musicalité.

Sergei Rachmaninov - Concerto pour piano et orchestre n° 3 op. 30

Là, on est loin de mon domaine. Daniil Trifonov s'empare du piano ; Valery Gergiev s'occupe de l'Orchestre philharmonique de Munich. OK, il y a beaucoup de notes jouées très vite, et le public clairement adore. Mais ça manquerait pas de respiration, de quelque-chose qui me prenne et m'emmène ? Rien de désagréable, ça se laisse écouter, mais ce n'est pas cette interprétation qui me réconciliera avec ce type de, musique.

Gustav Mahler - Symphonie n°1

Il y a de grands moments dans cette interprétation : un premier mouvement très agréablement rustique, où pointe des tensions et des obscurités qui vont peu à peu prévaloir ; un deuxième mouvement au début lourdement pulsé par les contrebasses ; une marche funèbre très en place ; et des moments d'angoisse et de flottements dans le final. Bien.

Ailleurs : Vincent Guillemin, Gilles d'Heyres, Palpatine

Spotify : Une version autrement plus convaincante et musicale du concerto de Rachmaninov : Rachmaninov: Piano Concerto No.3 By Martha Argerich, Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Riccardo Chailly

lundi 13 mars 2017

Le chant de la terre (Cité de la Musique - 29 Janvier 2017)

Alors que le concert de la veille m'avait donné de mémorables souvenirs, celui-ci, aucun. Douglas Boyd dirigeait donc l'Orchestre de chambre de Paris dans la "Symphonie de chambre n°1" d'Arnold Schönberg, puis dans la transcription, par le même Schönberg, du "Chant de la terre" de Gustav Mahler, chanté par Bernarda Fink et Michael Shade.
J'ai du aimer, mais aucun détail ne me revient, ni sur l'orchestre, ni sur les interprètes; Tant pis !

le chant de la terre