vendredi 17 novembre 2006

Pascal Dusapin - Faustus The Last Night (Théâtre du Châtelet - 16 Novembre 2006)

Initialement placé porte 17, le fort faible remplissage de la salle, malgré les groupes scolaires venus en renfort, me permet d'être d'emblée dirigé vers la corbeille. Vue impeccable du coup sur le décor (mais pas sur l'orchestre), une grande horloge où se perchent les personnages. Décor unique, malgré les transformations (plus ou moins inclinée, illuminée par dessus ou par dessous, etc.), que quelques gadgets viendront animer (un mixer ou une machine à pain, un puis deux lapins ...). Cette unité répond au livret, sans progression dramatique, un débat philosophique truffé de références et de citations, dont l'absence de thèses / bons sentiments peut plaire (comparé à "Adriana Mater", c'est sur !), mais qui rapidement me fait abandonner toute tentative de suivi.
Intrigue abandonnée, décor au spectaculaire quelque peu artificiel, reste la musique. Superbe. Un bloc qui malgré des couleurs très diversifiées (cordes immobiles ici, rythmes déchainés là, interludes orchestraux puissants, silences brulés par une ou deux voix déchirantes) reste très unitaire. Défaut de ce type de musique "hypnotique" : ça m'endort, tant j'y suis réceptif !
Le spectacle est dispo en DVD, je me contenterais bien d'une version CD !
(j'avais bien présumé une forte présence blogosphérique pour ce concert - mais n'ai vu personne à la sortie - dommage)

Radio

Je ne possède pas non plus son précédent opéra, mais je mets quand même du Dusapin vocal : des extraits de "La mélancholia" (opératorio), de "Niobé" (oratorio ; une femme trop orgueilleuse est punie par la mort de ses enfants), et de "Dona eis" (une sorte de requiem). Oui, pas gai.

mardi 14 novembre 2006

Thomas Larcher (Bouffes du Nord - 13 Novembre 2006)

Olga Neuwirth - Incidendo/fluido

Voilà une façon originale de "préparer" un piano : non en y incorporant des objets de diverses natures, mais en utilisant un CD, qui diffuse dans la caisse des fréquences fixes, modifiant ainsi toute la structure de résonnance des cordes. Des morceaux de feutrine (entre autres ?) complètent le mécanisme, qui fait bouger de mystérieuse manière les sonorités. Une fois cela posé, la musique elle-même me semble un peu simpliste, des gestes, des bribes, des figures élémentaires, qui peinent à se réunir pour former un langage. Vers le milieu de la pièce (qui dure 13 minutes), une petite mélodie enfantine passe sur le CD, et de l'émotion apparaît, diffuse et inconstante. J'ai l'impression, un peu désagréable, d'être en fait passé à coté du morceau. Comme sa précédente oeuvre vue ne m'avait guère convaincu non plus, c'est Neuwirth que je peine à comprendre, il semble.

Arnold Schoenberg - Opus 11 et 19, Franz Schubert - D946 et D915

Une fois l'appareillage électronique débranché, Thomas Larcher attaque une série de pièce de ces deux compositeurs, sans pause d'applaudissements, comme une longue suite, qui étrangement fonctionne plutôt bien. De Schoenberg, on entendra les mouvements 1 et 3 de la pièce pour piano opus 11, qui serait, dixit le livret, la première pièce atonale (ici et maintenant du moins ; et je subodore des querelles d'experts à n'en pas finir sur un tel sujet). Larcher a tendance à sur-articuler chaque note, dans un souci presque obsessionnel de précision ; c'est plutôt crispant, mais heureusement réservé à cet opus. La pièce pour piano D946 n°2 de Schubert sera beaucoup plus naturellement fluide, avec une structure en refrain et couplets, d'une profonde mélancolie, une douce douleur par moments. Voilà que j'apprécie Schubert, surprise ! Il fallait bien commencer un jour ... De l'Allegretto en Do Mineur D915, je ne garde par contre aucun souvenir. Chassés peut-être par la révélation des Six Petites Pièces pour piano opus 19 de Schoenberg, des miniatures extraordinaires, comme du Webern sans série, des architectures ne reposant sur rien et pourtant d'une évidence indestructible. Larcher sort du voyage comme un peu effaré, et sous les couleurs somptueuses du théâtre des Bouffes du Nord, le paysage fut changeant, intriguant, passionnant, plutôt intense.

Thomas Larcher - Antennen ... Requiem für H.

Larcher est aussi compositeur, travaillant avec Wolfgang Mitterer. La pièce de ce soir consiste à disposer quelques objets sur les cordes du piano, et à les faire rouler, crisser, se balancer. Quand on compare avec les explorations de Sylvie Courvoisier, cela semble pauvre, contraint et même obosolète.

Fabien Lévy - Soliloque sur Olga, Arnold, Franz et Thomas

Le pianiste sorti, la salle quasiment plongée dans le noir, l'ordinateur prend le contrôle pour commenter ce concert mal compris de lui, comme dit le sous-titre. Il s'agit en fait d'un programme, disponible sur le site de Fabien Lévy (mais uniquement pour Mac, dommage, j'aurais aimé m'y essayer !), qui se nourrit de fragments d'autres oeuvres (en l'occurence, celles jouées ce soir), pour en extraire une partition purement électronique d'un petit quart d'heure. Déterminer la part due au programme lui-même, et celle venant des extraits, n'est guère possible lorsqu'on entend un seul soliloque ! Mais comme il en propose un sur son site (basé sur la Marseillaise), on peut constater que certains éléments se retrouvent : une division en globalement trois parties, d'abord une course-poursuite très rythmique d'objets sonores galopins galopants, puis une plage raréfiée avec de gros blocs de silences que des hordes insectoîdes viennent grignoter timides d'abord puis conquérantes, et enfin un épisode plus saturé en événements s'accumulant en mode quasi statique ; le final est aussi un peu semblable, avec une sorte de gros ronronnement terminé brutalement. Cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu d'oeuvre acousmatique (souvenir de concerts de haut-parleurs à la maison de la radio, expérience fort agréable et enrichissante, surtout que ces concerts étaient (sont encore ?) gratuits). On se laisse porter par ces sons étranges où surgit ça et là un son de piano reconnaissable, une figure mélodique, un trépignement qui pourrait venir de Neuwirth, de Schubert, ou simplement du programme lui-même. Une originale manière de conclure un concert globalement assez atypique, même pour de l'IRCAM !

Radio

Je propose les fameuses six pièces de l'opus 19 de Schoenberg, puis le Soliloque sur le Marseillaise de Lévy.

dimanche 12 novembre 2006

KozliKarantsis

Nanniv à Koz ! Pour l'occasion, Vroumette et Droop diffusent un questionnaire.

Et toi, tu l'as connue comment la fée ?
Par un commentaire qu'elle a laissé chez moi, suite à son recensement des blogues qui parle de musique classique. A l'époque, je ne lisais que des blogues très mono-thématiques (économie, juridique, artistique ...). Du coup, le mélange des genres des Kozeries m'a un peu surpris, et je ne suis devenu lecteur régulier que pas mal plus tard !

Quel est son billet qui t'as fait le plus rire ou pleurer ?
Ni rire ni pleurer, mais le plus plu. Elle en a reparlé dernièrement : c'est sa description du Dialogue des Carmélites. Un texte émouvant et profond, qui concilie analyse musicale et approche personnelle, un texte comme j'aimerais pouvoir en écrire un un jour.
En plus, c'était un "Dix-moi 10 Mots" !

Et tu l'as rencontrée ?
Souvent, désormais ! Paris Carnets, Paris Pique-niques, elle m'a même emmené voir du Britten au Théâtre des Champs-Elysées !

Elle est comment en vrai ?
En vrai, c'est une slovène de 14 ans.

Qu'est-ce que tu ne pourrais pas faire sans elle ?

Ouh la la ! La question qui ne lui fera pas forcément plaisir ! Si elle est souvent en première ligne pour proposer des jeux improbables, ou pour animer la blogosphère par des rencontres parfois virtuelles et parfois en chair et en os, être indispensable n'est certainement pas son but, plutôt parfois son fardeau !
Sans elle, ce que je ne pourrais pas faire, c'est me demander, "qu'est-ce qu'elle va encore nous inventer ?".

Et si la fée était un logiciel, lequel serait-ce ?
Une logiciel de recttes de cuisine, pour confectionner des clafoutis en 7 minutes chrono.

Barber Gershwin Ives (Salle Pleyel - 11 Novembre 2006)

Samuel Barber - Adagio pour cordes

Commencer le repas par un bon bol de soupe, pourquoi pas, ça s'avale sans y penser, et ça met en appétit. Le livret explique curieusement qu'il conviendrait "aujourd'hui de réévaluer un créateur de premier plan de la scène musicale américaine et plus généralement du XXème siècle". Il faudrait pour cela programmer d'autres oeuvres que cette sempiternelle et usée dégoulinade de cordes.

George Gershwin - Rhapsody in Blue

Toujours dans le livret, je lis que Fazil Say, en plus d'être parail-il pianiste et compositeur, officierait dans des groupes de Jazz-World. Etrange, car dès la première cadence, il semble ignorer complètement ce que peut être un discours de Jazz, un groove, une structure qui fasse sens. Ayant décidé de démontrer sa totale liberté et indépendance, il en profite pour faire à peu près n'importe quoi, enchaînant au petit bonheur la chance des accélérations et des ralentis, des forte et des pianissimos, le tout avec force mimiques et gestuelles d'artiste inspiré tourmenté. Je pense aux notes récentes de Tlön : l'élégance d'Ellington (cruellement manquante), et la pose des artistes(insupportablement présente). Heureusement, toute cadence a une fin, et lorsque l'orchestre reprend les rènes, la musique réapparaît ; même si on sent que là n'est pas l'idiome d'origine de l'Orchestre National de France, ils mettent tout leur coeur dans les glissandi et les couinements d'orchestre de Jazz.
Simon Corley est plus indulgent envers le soliste ; j'ai pour ma part de brefs relents d'envie de meurtre, quand il revient en bis massacrer "Summertime" d'artifices techniques délirants. Qu'il écoute ce que Yaron Herman est encore capable d'extraire de ce matériau.

Charles Ives - Three Places in New England

Finie la soupe, exit le pitre, place à la musique. Les trois pages orchestrales sont de caractères assez différents - un climat aride, dur, une impression de vide, d'horizon bouché, pour évoquer la progression difficile du premier régiment de Noirs dans la Guerre de Sécession ; une suite échevelée de fanfares superposées dans une explosion de joie à la limite du chaos, pour un pique-nique du 4 Juillet ; et une ballade au gré d'une rivière, dans les vapeurs de l'amour, qui s'embrase vers la fin. Orchestre impeccablement tenu par Kurt Masur, dans la lenteur comme dans la frénésie.

George Gershwin - Porgy and Bess, A Symphonic Picture

Voilà sans doute le visage le plus familier de la musique populaire américaine, une suite de "songs" puissantes ou émouvantes, simples et directes, joliment orchestrées (élégance again), où tout le monde trouve un immense plaisir, orchestre, chef, et public. Ils en remettent une couche en bis (ils auraient pu, pour compléter notre bonheur, jouer du Bernstein, un extrait de "West Side Story" par exemple).

Radio

D'abord la "Rhapsody in Blue", dans ce miraculeux enregistrement où trone l'interprétation de Gershwin lui-même. Puis, de "Porgy and Bess", un extrait de l'opéra, suivi de quelques airs réinventés par Gil Evans et Miles Davis. Enfin, du Charles Ives, d'abord la promenade en barque, puis un extrait d'une pièce plus rare, "Robert Browning Overture", à la puissance apocalyptique.

samedi 11 novembre 2006

Sylvie Courvoisier (Centre Culturel Suisse - 9 Novembre 2006)

Ouf, cette fois, je n'ai pas oublié ! Et fort heureusement, car cette prestation solo fut enthousiasmante !
Nous n'étions pas très nombreux dans la petite salle, fonctionnelle mais sans grande âme, du Centre Culturel Suisse, niché au fond d'une impasse, près de la rue des Francs-Bourgeois. Après une présentation par le directeur du lieu, la pianiste s'installe, et pose son jeu dès les deux premiers morceaux : d'abord une courte étude, jouée avec partition, qui n'est pas sans évoquer du Ligeti, puis une vraie improvisation, où se mèlent jeu sur le clavier et interventions percussionistes dans la caisse. Armée d'une série de baguettes, mailloches, bandes de ruban adhésif, boules métalliques, elle transforme son piano (splendide Bechstein) en tambour, en harpe, lorgne vers le clavecin. Il n'y a pas de référence directe à John Cage, il me semble - on est loin du gamelan. C'est une approche beaucoup plus ludique et instinctive, et où elle ne recule pas devant des effets faciles mais impressionnants (frapper fort les cordes basses, pour obtenir le maximum de résonnances). Ce plaisir très direct de créer des sons inusuels se conjugue avec une rigueur intellectuelle, qui s'exprime directement dans les morceaux beaucoup plus écrits (études), et dans une canalisation des explorations sonores qui ne sombrent jamais dans le n'importe quoi gratuit. Souvent, les deux aspects de ce jeu sont simultanés - une main sur le clavier pour une pluie de notes qui ne tombent jamais vraiment au hasard, une main dans la caisse pour compléter en cordes pincées ou en bois frappé. Le paysage sonore ainsi créé est riche, varié, jamais excessif, et très controlé, finalement. Pour preuve, après un peu plus d'une heure, elle entame quelques rappels, mais attend le troisième pour offrir une conclusion qui, sans résolution d'accords ni effets trop évidents, semble néanmoins suffisament définitive pour qu'on comprenne bien que c'était la fin du concert.
A lire : le compte-rendu de Samizdjazz.

Radio

J'ai lu des critiques qui décrivaient Cecil Taylor comme un danseur, plus qu'un pianiste ; parfois, le jeu des mains de Courvoisier sur le clavier, se pourchassant ou se rejetant, s'approchait de cette vision. Je mets donc un morceau de ce grand maître du piano improvisé. Puis quelques improvisations du trio Abaton, où on peut entendre un peu d'explorations percussives. La Suisse connaît une autre pianiste Free, Irène Schweizer ; je n'en ai qu'un disque, en duo avec Marilyn Crispell ; leur complémentarité est extraordinaire, et pourtant c'est bien de l'improvisation totale, sans répétitions ni partitions. C'est un disque que je redécouvre à cette occasion ! Enfin, ce programme s'achève avec le livre des anges, volume 3.

mercredi 8 novembre 2006

EIC Boulez (Cité de la Musique - 7 Novembre 2006)

Hanspeter Kyburz - Réseaux

C'est l'extension en 14 minutes d'une pièce qui, en 2003, en durait 6. Le compositeur passe l'essentiel de sa présentation dans le livret à décrire les "grands rouleaux" du peintre japonais Sesshû. Ces peintures ont un format très particulier : douze mètres de long, sur quarante centimètres de large. Cette linéarité pose des problèmes de structure qui peuvent trouver des équivalents musicaux.
"Réseaux", pour 6 instruments, propose une trame changeante, où se succèdent des ruptures, des thèmes qui s'enfuient pour revenir déformés, dans un rendu parfois beau, parfois un peu chaotique, qui demande une attention soutenue que je n'arrive pas pleinement à lui donner. Dans les phases rapides, peuvent se distinguer des façons de faire assez similaires à celles de "Danse aveugle" - style ou tics, difficile à dire.

Bruno Mantovani - Streets

Cette pièce, dit-il, marque une remise en cause radicale de son langage ; comme c'est la première fois que j'entends ce compositeur, je ne saurais valider. "Streets" impose un charme indéniable. La trame générale est comme une machinerie complexe, qui par moments se bloque, grippe, dans une stase souvent violente, puis arrive à se déformer pour recommencer à avancer. De splendides soli l'éclairent de temps à autre (en particulier, un prodigieux solo de harpe - Frédérique Cambreling m'a rarement parue aussi stressée qu'avant cette pièce !), et il y a là une virtuosité et une énergie qui me donnent fortement envie de ré-entendre du Mantovani (damned ! j'ai raté son opéra !).

Pierre Boulez - Dérive 2

Dans l'enregistrement de 2002, cette pièce durait 24 minutes ; elle en fait maintenant 40. Je préférai déjà "Dérive 1", et je n'étais ce soir pas particulièrement en forme. Les 40 minutes m'ont du coup semblé bien longues, à contempler cette musique, qui comme emporté par une rivière rapide, tourne, virevolte et bascule, entre éléments jamais vraiment répétés, mais jamais vraiment en ruptures non plus. Et passer en mode d'écoute passif n'arrange pas, cela me privant de la fine délicatesse des textures et des jeux de transformation incessants. Simon Corley est lui enthousiaste...

dimanche 5 novembre 2006

Percussions de Strasbourg - Musicatreize (Cité de la Musique - 4 Novembre 2006)

Edgar Varèse - Ionisation

Les Percussions de Strasbourg ont du jouer ce grand classique, transposé pour eux par Georges van Gucht avec accord du compositeur en 1976, des centaines (milliers ?) de fois. Ils coupent le morceau en deux parties, la première très diffuse, temps dansant et suspendu, avec les sirènes au niveau plutôt faible, et la seconde beaucoup plus tonitruante, en temps brutal et concassé, où les sirènes, bien que hurlantes, ne sauraient surpasser le fracas percussif. Du grand classique.

Luciano Berio - Cries of London

Pour huit voix, ce morceau assez court reprend des concepts de musique vocale chers à berio, entre le "O King" de la Sinfonia, la Sequenza III, ou un "Coro" sans les instruments. Terrain bien connu, mais où je n'entends rien cette fois qui me ravisse vraiment - en fait, l'ensemble me semble envahi de traits mieux exploités ailleurs ; du coup, cela fait clichés.

Philippe Hurel - La Célébration des Invisibles

C'est la première pièce de Hurel que j'entende, qui soit d'une telle longueur : 45 minutes. C'est la version concert d'un drame lyrique avec choeur, percussions et théâtre d'ombre, créé à Strasbourg en 1992. Ce soir, sans aucun dispositif scénique, l'histoire nous échappe quelque peu. Il reste la musique, élaborée à partir d'un matériau restreint, percussions limitées aux claviers, et voix traitées sans artifices de jeux (pas de sifflements, roucoulements, cris, ou autres manifestations vocales qui firent modernes à une époque mais commencent à vieillir quand la nécessité ne s'en fait plus sentir - "Cries of London" par exemple ; la programmation de ce soir est fort bien conçue).
Hurel utilise fréquemment les vibraphones. Avec ici 6 musiciens, la matière est dense, assez complexe, échappant aux simplismes Reichiens des phases et décalages pour plonger dans des polyrythmies multi-couches, des cellules longues se répétant en variations, mais laissant la place nécessaire aux voix, aux lignes relativement simples. Deux intermèdes purement percussifs, remplaçant des scènes parlées, permettent des jeux plus immédiatement impressionnants. Les voix sont amplifiées, mais sans que cela ne soit vraiment génant ; cela permet un meilleur équilibre entre les solistes vocaux et les percussionnistes, et aussi une petite spatialisation, discrète.
Le climat général est plutôt calme, apaisant, on se laisse guider au fil de l'histoire, qu'on sent là, quoiqu'on ne puisse la comprendre. Malgré la longueur, qui semblerait annoncer un morceau ambitieux, il y a comme une paradoxale retenue dans les moyens mis en oeuvre. Le tout est agréable, même si cela ressemble plus à une étape qu'à un sommet.

Radio


J'ajoute la "Ionisation" de Varèse (par les premières Percussions de Strasbourg), la "Sequenza III" de Berio (un sommet d'extravagance vocale), et "Loops II" de Hurel (une pièce solo "de concours" pour vibraphone).