mardi 8 mai 2007

Anne Teresa De Keersmaeker - Soirée Steve Reich (Théâtre de la Ville - 6 Mai 2007)

En guise d'apéritif, deux danseurs viennent mettre en mouvement deux micros chacun attaché au bout d'une corde, qui se balancent du coup en passant au-dessus d'un haut-parleur, engendrant alors un cri Larsen. Ca s'appelle Pendulum Music, et à mesure que les balancements raccourcissent d'amplitude, les effets de déphasage rythmique progressif laissent place à un hurlement quasi-continu. Ca fait du bien quand ça s'arrête.
De la danse, maintenant ? Non. Marimba Phase est donné en version concert, du Reich archétypique, interprété par l'ensemble Ictus.

Et maintenant ? On recommence, la même musique, mais au piano, Piano Phase. Avec danse, issue des début de Rosas, le minimalisme à son meilleur, un vocabulaire simpliste (balancer le bras en cadence, laisser le corps emporté par ce bras tournoyer à n'en plus finir), où chaque perturbation semble une révolution (avancer, reculer, passer du parallèle au miroir par des déphasages de rythmes corporels dictés par la musique), où l'éclairage la musique et la danse participent de la même essence, etc. J'adore cette période en chorégraphie, naissance d'un langage, de suite à son apogée.

Après cette reprise emblématique, deux créations. Pour Eight Lines, les huit danseuses se lancent, s'entrecroisent, ondoient et ondulent, se frolent et se sourient, toutes en robes sauf deux en pantalons, toutes en blanc sauf deux en noir, pour une danse très fluide, vive mais sans empressement, dynamique mais sans aucune violence. C'est la seule musique qui n'est pas interprétée sur scène, ce qui laisse tout le plateau libre pour les trajectoires multipliées des danseuses. Une pièce très agréable.
Après les filles, les garçons, dans Four Organs. Un danseur qui garde une vitesse moyenne constante, sans doute représentant les maracas, et les quatre autres variant entre de forts ralentis et des accélérés momentanés. Les figures peu à peu se resserrent autour de luttes, une inspiration du coté capoeira n'est pas à exclure. Moins prenant, aussi bien coté chorégraphie que coté musique, où la lente éclosion d'une mélodie par ralentissement d'un accord épuise trop vite ses charmes pour devenir fatiguant.

En interlude, une vraie version du Poème symphonique pour cent métronomes de Ligeti, avec des rangées de vrais métronomes devant la scène, que des danseuses lancent à la main rapidement. De la profuse et confuse masse sonore à l'agonie des derniers battements, mélées d'échos dans les cintres.

Enfin, Drumming part 1. L'alliage entre danse et musique est ici moins naturel ; la chorégraphie est un peu assommée par la présence féroce du martellement des tomes par un, deux, trois, puis quatre percussionnistes.
En bis, Ictus revient pour jouer des claves, la troupe se relance pour un dernier tour de piste, sous le signe du plaisir de danser, avec des clins d'oeil aux pièces précédentes, puis tous disparaissent, sous les ovations du public.
sortie des artistes

5 commentaires:

Nanak a dit…

Et... c'était bien ?

bladsurb a dit…

Faut résumer ?

Piano Phase : très bien.
Eight Lines : très bien.
Four Organs : moyen.
Drumming 1 : bien.
Bis (Drumming ?) : très bien.

Nanak a dit…

Je posais la question car je n'ai pas pu aller à la soirée Steve Reich alors que j'avais été subjugué par Drumming quand je l'avais vu il y a quelques années (il faut dire que je suis un peu amoureux de Cynthia Loemij...)

Mais j'imagine que tout un spectacle sur des morceaux de Steve Reich, ce doit être pénible sur la longueur.

Nanak

Marybjörk a dit…

" un spectacle sur des morceaux de Steve Reich, ce doit être pénible sur la longueur " ... Euh.... c'était une "Soirée Steve Reich" à la fois.... O_o

Au passage, Bladsurb, auriez-vous d'autres photographies , Je suis en master d'histoire de l'art et musicologie et travaille actuellement sur les relations entre Reich et De Keersmaeker :)

bladsurb a dit…

Non, pas d'autres photos intéressantes sur TdK. Au Théâtre de la Ville, je ne prends des photos que lors des saluts finaux, c'est interdit pendant le spectacle et je comprends et respecte cet interdit.