samedi 28 février 2009

Tzadik chante Gainsbourg (Salle Pleyel - 25 Février 2009)

En 1997, John Zorn invitait divers musiciens et chanteurs pour célébrer Serge Gainsbourg dans un disque Tzadik de la collection "Great jewish Music". Ce soir, certains reviennent, joints par quelques autres, pour renouveler l'hommage.

Cyro Baptista & Banquet of the Spirits

Si l'initial "Airport" offre un fort réussi détournement façon African roots, avec kora et trompette marine, le final "Là-bas, c'est naturel" finit un peu trop dans le n'importe-quoi, zappant d'ambiance en ambiance, sans faire sens.

Elysian Fields

"Les Amours perdues", tout engourdi et susurré, est presque envoutant. Mais quand ils accélèrent pour "Mister Iceberg", le charme s'évapore, et l'ennui s'installe. Enfin, leur version de "Bonnie and Clyde" semble bien trop facile. La chanteuse Jennifer Charles a du charisme, mais le groupe sonne fort limité, confiné dans un genre bien étroit.

Marc Ribot & Ceramic Dog

Là, par contre, respect. Accompagné par Eszter Balint à la voix, Ches Smith à la batterie et Shahzad Ismaily aux guitares percussions et électronique, Marc Ribot impose son talent (son génie ?) à la soirée, délivrant un "Black Trombone" cafardeux (quel texte ! "Black trombone / Monotone / C'est l'automne / De ma vie / Plus personne / Ne m'étonne / J'abandonne / C'est fini"), un "Hier et Demain" puissant qui sonne bizarrement comme un titre de Téléphone, pour finir avec "Un Poison Violent" extraordinaire, entre rock et blues, empli de rage, où la voix sans affect de Balint coupe droit. La performance de la soirée, sans conteste.

Sean Lennon

Reprenons Ribot Ches et Ismaily, mais pour accompagner Sean Lennon, Charlotte Muhl Kemp et Yuka Honda. Ca marche beaucoup moins bien. "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve" commence comme une copie désastreuse de la version Birkin, mais est partiellement sauvée à mi-parcours quand elle part dans une tout autre direction. "Comic-Strip" promet de jolies possibilités d'improvisations, mais elles sont coupés court par la fin très rapide de la chanson.

John Zorn et tous les musiciens

Pour terminer cette soirée en quart de teinte, tant les groupes successifs ne semblent là que pour balancer leurs trois chansons réglementaires, sans jamais enflammer la salle, John Zorn s'avance, ovationné, suivi de tous les musiciens de la soirée, pour une version de "Contact" où Zorn ne fait que , disons, chanter (bon niveau de français, cela dit !). Le nombre de musiciens ne permet de rien distinguer au niveaux des musiciens. Et puis c'est fini, malgré les protestations du public.

Ailleurs : Native Dancer

1 commentaire:

Rudi Vanmarcke a dit…

Je suis venu de Bruges (B) à Paris pour 2 jours, spécialement pour ce concert qui me semblait unique. Et qui était en effet unique, mais un petit peu trop routineux, et qui était en tout cas trop court. Ce n'est pas la première fois que Zorn s'affiche Zorn, et que finalement, on ne le voit en scène que pendant cinq minutes (Même chose à Bruxelles il y a quelques années pour le concert "Moonchild", avec Mike Patton) 70 minutes de musique pour 45 euros (60 euros pour les meilleures places) c'est - pour être honnête - beaucoup trop d'argent... mais Zorn reste génial !