dimanche 2 décembre 2007

Sonny Rollins (Salle Pleyel - 1er Décembre 2007)

Le livret prévoit "Fin du concert vers 21h30" mais explique "un concert de Rollins aujourd'hui dure autour de trois heures" ; en fait ça fera environ deux heures, pendant lesquelles on attendra que les accompagnateurs laissent la voix au saxophoniste colossal pour apprécier la musique.
Passons en effet rapidement sur la guitare un peu molle et trop confortable de Bobby Brown, la basse ronde, précise mais aux solos sans brillance de Bob Cranshaw, la batterie sans grande personnalité du jeune Jerome Jinnings (qui effectue ici, dira Rollins, son "maiden voyage" : première traversée trans-atlantique ?) ; attardons-nous un peu plus sur le percussionniste Kimati Dinizulu, aux interventions joliment chantantes sur les congas, aux couleurs inventives aux crotales et autres maracas, et sur Clifton Anderson au trombone, neveu du maitre, et seul musicien vraiment notable à ses cotés.
Mais ce qu'on attend, bien sur, ce sont les solos du Newk. Et malgré la stature un peu voutée, malgré la démarche plus claudicante que chaloupée, le souffle est là, magistral, le son, puissant et presque tranchant sous une fine couche de velouté, les inventions pulsent, avec des citations d'autres thèmes qui s'invitent inopinément, le doute et le risque qui sont indispensables au Jazz, et le charisme encore intense qui emporte l'adhésion.
Il commence par "Sonny please", un thème assez minimal sur une base funky, enchaine sur "In a sentimental mood", puis une autre balade, un bop, un air de calypso, un blues, et en bis une dernière balade. Rien de vraiment révolutionnaire, mais beaucoup de plaisir.

2 commentaires:

Marion (anciennement Fûûlion) a dit…

Et dire que j'ai manqué ça... y avait plus de places ! Mon commentaire n'est pas très constructif mais juste... t'as vu Sonny Rollins pour de vrai de vrai !!! waaaaa !!!!
voila, c'est tout :)

bladsurb a dit…

En fait, Sonny Rollins n'a jamais fait partie de mon panthéon, du coup, le voir "pour de vrai de vrai" ne m'excitait pas plus que ça.
Voir Ornette Coleman sur scène, là il y avait du frisson !