dimanche 8 mars 2009

Stockhausen Schoenberg Brahms (Salle Pleyel - 7 Mars 2009)

Si on ne veut pas acheter le programme des "Pollini Perspectives" à 10 euros, il faut se contenter d'une fort sommaire liste des oeuvres jouées et biographie des interprètes ; pourtant, ce sont là des pièces qui mériteraient un brin d'éclairage pour mieux les apprécier !
La scène est splendide : 3 pianos, celui du centre isolé, celui de gauche encerclé de percussions, celui de droite derrière deux rangs de pupitres.

Karlheinz Stochausen - Klavierstuecke VII, VIII, IX

Maurizio Pollini s'installe au piano du centre, et joue sans interruption ces trois pièces pour clavier. La première, VII, centrée sur quelques notes pivots, s'adosse fréquemment au silence, mais se permet aussi des passages virtuoses. Par contre, l'usage des "touches libres", enfoncées pour renforcer les harmoniques, ne m'a pas sauté aux oreilles avant la lecture de cette notice. La pièce VIII est la plus courte, la plus rapide, et la plus banale. La pièce IX, par contre, est magnifique. Alors que jouée par Bavouzet il y a quelques années en bis, elle ne m'avait guère passionnée, sous les doigts magiques de Pollini, ses accords martelés en vagues d'intensités, ses digressions pépiantes, son atmosphère sacrée, sont magnifiques, et par moments, bouleversants.

Karlheinz Stochausen - Kreuzspiel

Piano de gauche, cette fois, pianiste de dos, percussionnistes tout autour, encadré d'une clarinette et d'un hautbois, dont l'un sur une petite estrade. Peter Eötvös les dirige, assis à coté du pianiste. Les passages aux percussions sont doucement envoutants, les passages aux bois moins intéressants. Sous les techniques sérielles, on sent l'attirance pour les explorations plus purement sonores, ou les aspects cérémoniels (la disposition des instrumentistes). Pour un "opus 1", pas si mal !

Karlheinz Stochausen - Zeitmasze

Entendue il y a quelques mois, j'avais adoré ! Mais ce soir, pas du tout. La volubilité enjouée et printanière du quintette à vent du Klangforum Wien m'ennuie rapidement. Une question d'interprétation, sans doute, ou de contexte de programme !

Karlheinz Stochausen - Kontra-Punkte

Le Klangforum Wien aligne 10 instruments, dont un piano. Pièce de jeunesse, comme "Kreuzspiel", elle est plutôt agréable à écouter, mais un peu lassante à la longue.

Arnold Schoenberg - Trois pièces pour piano op. 11

Après l'entracte, retour de Maurizio Pollini. Ces trois pièces offrent un visage romantique funèbre pour les deux premières "Mässig", qui s'ouvre vers plus d'énergie pour la troisième "Bewegt". Splendide.

Johannes Brahms - Quintette pour piano et cordes op. 34

Aime-je Brahms ? Pas encore. Quelques passages, par exemple où le quatuor Hagen s'emporte énergiquement, m'intéressent, mais la plupart du temps, je n'écoute guère que d'une oreille, tranquillement bercé.

Ailleurs : Palpatine, Corley.

1 commentaire:

Papageno a dit…

Le problème des la technique des touches de piano enfoncées silencieusement (qu'on trouve aussi chez Messiaen, Boulez, Merlet, etc) c'est qu'on l'entend très bien à 3 mètres du piano et quasiment pas à 10 mètres.