samedi 21 janvier 2006

Images

Une journée sans auto-focus sur mon vieillissant Pentax Z-10 m'a finalement décidé à franchir le pas, et à acheter un appareil numérique.
Arrivée ce matin du FinePix S9500, activation d'un compte Flickr, premiers essais :
http://www.flickr.com/photos/bladsurb/
Si des habitués de Flickr voient dans ma configuration des erreurs manifestes, merci de m'en faire part ! Pour l'instant, sans compte "pro", je resterai à des tailles maxi 640*480. Pour du plus grand, faudra d'abord du plus intéressant ! Pour les "contacts", j'ai pioché au hasard quelques noms connus aux Paris-Carnets et Paris-PiqueNiques. La liste ne demande qu'à être complétée.
Bon, maintenant, le manuel. 140 pages. Ouch.

vendredi 20 janvier 2006

VSQVBTQ

Vous Savez Que Vous Bloguez Trop Quand ...
au vu de sa pochette, vous vous demandez si parler du disque Liebman / Eskelin Different But The Same peut cataloguer votre blogue comme étant pornographique.

mercredi 18 janvier 2006

Getting Attention - Martin Crimp (Théâtre des Abbesses - 17 Janvier 2005)

De Martin Crimp, j'avais vu l'an dernier Cruel and Tender. Cette pièce-ci est plus ancienne (1991). Sujet lourd s'il en est : une enfant martyrisée par l'amant de sa mère à l'inaction complice, sous les regards aveugles des voisins.
Le décor situe le milieu, modeste, l'époque, contemporaine, mais par divers dispositifs, oblige constamment à recréer mentalement la configuration des lieux : étage et rez-de-chaussée sont quasiment au même niveau, de nombreux dialogues ont lieu où tous les personnages regardent les spectateurs alors qu'ils sont supposés se faire face. Tout cela fonctionne très bien, la mise en scène de Christophe Rauck et la scénographie de Aurélie Thomas permettant de rester à la lisière fertile entre abstraction désimplicante et réalisme anecdotisant. Le drame est ici à la fois précisément particulier, et universel.
Peu de personnages. La mère, qui aime bien sa fille, tente parfois de la protéger ou de prévenir, mais est d'abord et avant tout soumise à la fascination du mâle ; le voisin, abandonné par sa femme, qui lorgne à n'en plus pouvoir les jambes nues de cette sexy jeune mère ; la voisine, veuve et commère, aux tenues strictes, mais qui avoue volontiers qu'un peu de violence l'émoustille ; l'assistance sociale, qui finira sans doute par voir, quand même, malgré les limites de son métier. Et enfin l'amant de la mère, brute épaisse, jouée avec une physicalité impressionnante par Philippe Bérodot. L'Ogre, dans sa puissance sans scrupule, brisant l'enfant de quatre ans parce qu'elle est une gène, à sa jouissance tranquille, et à son illusion de toute-puissance.
Cette petite fille reste invisible, cloitrée dans sa chambre, ou mangeant de la terre hors champ, et ne se manifeste que par une lampe qu'elle allume pour demander de l'attention, puis qui restera allumée sans discontinuer, ou par des bruits de grattements, que le voisin pense être d'un oiseau dans sa cheminée.
Elle rejoint du coup d'autres fantômes, et accentue la présence du conte, du fantastique, de l'irréel, qui parsème la pièce. L'ogre, donc, mais aussi des masques, masques de singe sur des passants, masques de vieillards sur les parents lors de la fête d'anniversaire, et ce tague effrayant d'un chien-loup à oreilles de Mickey et signé Walt (le livret explique que Walt Disney a été un enfant martyrisé par son père).
Certains spectateurs, apparemment invités, et peut-être habitués à ne voir que du boulevard, semblent trouver le début de la pièce très drôle ; lorsque le couple, occupé à de prometteurs préliminaires, est plusieurs fois interrompu par la lampe qui s'allume, pour un verre d'eau, pour une peluche, pour un bisou, et alors que la rage qui enfle chez l'homme annonce le drame (qui restera occulté comme tous les autres faits), ils trouvent à rire ! Heureusement, la dernière scène, où l'assistance sociale visite leur appartement, rencontre l'amant qui s'oblige à sourire et être aimable (Philippe Hébertot est vraiment formidable), et est invité, pour voir la fille, à grimper sur une chaise pour apercevoir à travers la vitre au-dessus de la porte le corps perdu sous les couvertures supposé dormir, lumière allumée, en "faisant la tortue", dit la mère douée pour se fabriquer des mensonges, heureusement, là, le silence est glacé dans l'audience.
C'est une scène en flash-back, puisque entre-temps, les voisins sont interrogés et tentent de justifier pourquoi ils n'ont rien vu, rien compris, rien voulu dire. "Maintenant qu'on sait ce qu'on sait, qu'on a lu les journaux...", bien sur ...
C'est une pièce qui creuse, qui fait mal. Le pittoresque des voisins, certains dialogues effectivement remplis d'humour, l'inventivité de la mise en scène, permettent d'absorber sans trop de difficultés les scènes où l'odieux n'est que suggéré (un plat puant dans le frigo, un bain trop chaud ...). Mais quand ça décante, ce qui reste est un goût de cendres et un grand froid.

Mise à jour : D'une fille martyr à une autre (et de la même époque...). De Shannon à Laura Palmer, toutes deux victimes d'un homme appelé Bob. Dans le Pot-Pourri, je mets deux chansons de Twin Peaks.

lundi 16 janvier 2006

VSQVBTQ

Vous Savez Que Vous Bloguez Trop Quand ...
lisant la critique du disque L'Indicible du trio Jean-Philippe Viret, vous parcourez les titres des chansons, découvrez que Sablier y est suivi de Ping-Pong, et vous demandez quel jeu pourra bien s'appeler "Valse a Satan".

(Ce blogue tente un assouplissement de ligne éditoriale. L'expérience peut être de courte durée. La chronique des concerts et spectacles restera dans tous les cas l'essentiel de ces pages.)

dimanche 15 janvier 2006

Il faut sauver Thérèse !

Les chaînes épistolaires, les pétitions sur Internet, les informations à relayer de site en site, je suis rarement partant. Beaucoup de bruit qui noie le signal. Mais quand, sur le site de particulièrement excellente tenue de Lunettes Rouges, je découvre le drame de cette jeune femme, je ne peux que relayer son appel à la mobilisation.

Envoyez simplement ce message à 5 millions de personnes de votre entourage!!! Cette chaîne a été commencée en 1625 par un moine capétien moldave éleveur de morues dans le but de sauver Thérèse, une petite fille gravement malade !

Aujourd'hui cette petite fille a 379 ans et elle est atteinte d'un cancer des testicules et d'une fièvre affreuse de la thyroïde contractée lors d'un viol par un cerf en période de brame en forêt de Rambouillet, à proximité d'une mare souillée par des déchets radioactifs malencontreusement tombés d'un avion furtif.

Alors renvoyez s'il vous plaît ce message à tout votre entourage ! Et cela vous portera chance. La preuve : en 1912, un jeune Irlandais fit suivre ce message par SMS. Dans la semaine, il se vit offrir une place pour la croisière inaugurale du plus prestigieux transatlantique britannique direction New York. Lors de ce voyage il découvrit l'amour, les sorbets, et les bienfaits de la natation.

Ne gardez pas ce message sur votre ordinateur plus de 16 minutes sans quoi le mal sera porté sur vous à jamais. La preuve : il y a un peu plus de 2000 ans, un homme reçut ce message sur son ordinateur portable. Comme sa batterie était vide et qu'il ne pouvait pas la recharger vu qu'il n'y avait pas encore d'électricité à cette époque, il fut crucifié avec des clous rouillés et on lui mit sur la tête une casquette ridicule.

Le 1er août 1999, un célèbre couturier ne voulut pas faire suivre ce message car il n'avait pas lu dans les astres que cela était favorable à la vente de ses parfums. Dix jours plus tard ce ne fut pas la fin du monde, mais il s'est pris la porte des chiottes de la station Mir sur la tête. Ça lui a fait très mal.

Plus récemment, le 10 septembre 2001 à New York, les frères Yvon et Jacques Hulez ont reçu cet e-mail à 16h57 sur leur micro professionnel. Finissant leur travail à 17h, ils négligèrent de le renvoyer tout de suite. Le lendemain, ils moururent renversés par un des camions de pompiers qui allaient porter secours aux victimes du World Trade Center...

Ça fait tout de même réfléchir.

Alors n'hésitez plus ! Renvoyez ce message à tous vos amis. Cela leur portera chance :

Chaque fois qu'ils iront aux toilettes, il y aura du papier.

Chaque fois qu'ils achèteront des Knackis à la volaille, il y aura 20 cents de réduction immédiate à la caisse.

Chaque fois qu'ils mangeront des moules, il n'y aura pas de petits crabes dedans (sauf pour ceux qui aiment bien).

Céline Dion et Lara Fabian deviendront aphones à vie.

Enfin, ils seront désormais exemptés de répondre à tous les messages-chaînes qui nous foutent les boules !

Si vous le faites, en plus, vous recevrez très prochainement un bon de réduction de 15 % valable dans tout le catalogue des 3 Suisses (sauf pages 323 à 332) et moi, je recevrai un bon de parrainage.

Ce message a fait le tour du monde 759 874 236 587 fois, ne brisez pas la chaîne !

Si vous envoyez ce message à votre entourage, vous recevrez automatiquement la somme de 100 000 euros dans votre boîte aux lettres la semaine suivante et ceci grâce à un système de détection par satellite d'envoi de messages mis au point par Marcel Toshiba et Yshi Daibull.

Pour Thérèse, pour vous, pour moi, pour tous vos amis, ne brisez pas cette chaîne. Merci...

CECI N'EST PAS UN CANULAR !!!!

samedi 14 janvier 2006

Lachenmann / Mozart - Holliger (Cité de la Musique - 13 Janvier 2006)

Ouf ! Des billets à avalanches de commentaires apparaissent ici et , des messages s'entrecroisent à foison pour des places d'opéra, et le cycle des spectacles reprend. La trève des confiseurs 2005-2006 est donc officiellement terminée (et c'est pas trop tôt ...)!

Helmut Lachenmann - Mouvement (- vor der Erstarrung)

"Dans la plaine nait un bruit / C'est l'haleine de la nuit", c'est ainsi que débute la pièce, par des frolements, des soupçons d'accords, des crépitements furtifs, qui se densifient un peu, comme un désir incertain de musique ; désir qui se condense, musique qui s'extrait elle-même au forceps de cette gangue de non-son ; présence affirmée enfin, animal rétif et joueur, qui bondit à la poursuite de sa queue dans une boucle mélodique et rythmique assez rare chez Lachenmann ! ; puis disparaît d'un coup, laissant derrière lui de nouveau de simples indices, des traces, présence en creux.
Je comprends que ce soit le morceau le plus joué de Lachenmann : la forme générale, très facile à appréhender, permet plus facilement de "suivre" les instrumentistes dans leurs explorations bruitistes, et le compositeur dans son refus de tout un pan de langage musical habituel. Un chef d'oeuvre, quoi.

Wolfgang Amadeus Mozart - Mauerische Trauermusik

L'EIC jouant du Mozart, est-ce là leur mission ? Mais ils ne choisissent pas n'importe-quelle oeuvre non plus... Cette musique funèbre maçonnique, qui ne dure que 7 minutes (et sera redonné demain dimanche dans un programme tout Mozart), oppose plusieurs tempi, plusieures ambiances, plusieures couches, et en devient assez déroutante à écouter. Du coup, Heinz Holliger, après avoir expliqué qu'il y a une couche "16ème siècle" et une autre "Sturm und Drang", la redonne. De fait, à un fond de sauce pathétique, doux et digne dans sa douleur, s'oppose une surface plus dramatique et expressive, voire démonstrative. C'est magnifique, et cela sonne bien "moderne" (mais c'est peut-être du à l'EIC ...).

Helmut Lachenmann - "Zwei Gefühle" Musik mit Leonardo

Musique écrite dans la maison inoccupée de Luigi Nono, sur des texte de Leonardo da Vinci. Toutes les gammes des bruits et événements sonores inusités y passent, qu'on peut produire par des instruments, parfois sens dessus dessous. Percussifs, chuintants, sifflants, vrombissants... Un son d'orchestre perpétuellement mutant, paysage (de Sardaigne) sous une météo changeante. Trouées de lumière, jeu incessant des ombres, menaces de déluges... L'attention se doit d'être soutenue, je ne suis pas tout à fait au niveau requis. Mais une écoute plus légère a aussi son charme, qui n'essaie plus d'identifer la provenance de ses sons étranges, et se contente de leur beauté improbable et si neuve. Lachenmann lui-même récite deux extraits du "Codice Arundel", en triturant les syllabes et hachant le discours. Cohérent !

Wolfgang Amadeus Mozart - Symphonie 40 K.550

Exit l'EIC, c'est l'orchestre des Champs-Elysées qui s'installe, toujours dirigé par Holliger. Instruments d'époques, ce qui donne une sonorité particulière aux hautbois et bassons. Les cors jouent trop fort à mon goût. Les cordes sont parfaites.
La musique ? Le "molto allegro" est si usé qu'il est difficile de l'entendre. L'"andante" est aussi douceureux qu'une vieille liqueur, boisée et compotée ; mais que de répétitions ! Ca tourne en rond à n'en plus finir. Le "menuetto" est d'une énergie très agréable. Et l'"allegro assai" se répète quasi autant que l'"andante", mais comme il est beaucoup plus rapide, ça passe mieux. Bref, il y a encore du temps avant que j'aime vraiment la musique classique proprement dite !

Mise à jour : Tiens, j'ai peu de Lachenmann en stock. Mais l'opération Soldes chez AbeilleMusique va me permettre de combler cette lacune ! En attendant, dans le Pot-pourri, j'encadre un petit morceau de piano par un peu de musique funèbre ...
Mise à jour 2: Suite au prêt d'un collègue mélomane, j'y ajoute le fameux Mouvement - avant l'engourdissement.

dimanche 1 janvier 2006

L'esprit du Nouvel An

Autant Noël est pour moi une date importante de grand rassemblement familial, autant le nouvel an n'a jamais signifié grand-chose, le rythme des "saisons" culturelles, abonnements allant de Septembre en Juin, ayant prolongé celui des études. Bref, le premier janvier, il ne se passe vraiment rien de spécial, à part des obligations fatiguantes, et une attention particulière à porter aux dates des chèques.

Mais cette année, un danger planait sur les blogues, qui pour l'instant ne s'est pas avéré. Comme simultanément, je commence enfin à me sortir d'une trachéite qui parsèma mes dernières nuits de crises de toux à réveiller tous les voisins, réjouissons-nous avec quelques morceaux de musique dans le Pot-Pourri (qui par ailleurs fête sa première bougie) :
Après l'adieu à l'an mort, et une nuit au souffle alourdi de questions sans réponse, la lumière primordiale a brillé comme un signe de résurrection quotidienne, et les habitudes se remettent peu à peu en place.