mardi 13 janvier 2015

Soirée Bernard Cavanna (Cité de la Musique - 13 Décembre 2015)

Bernard Cavanna - Karl Koop Konzert

Le sous-titre "comédie pompière, sociale et réaliste, pour accordéon et ensemble de dix-sept musiciens" donne le ton volontiers grinçant ; le fait que ce soit un hommage au grand-père du compositeur ajoute de la douceur, presque de la tendresse par moments ; la présence d'un instrumentarium bigarré, avec saxophone et cornemuse, ajoute de l'inédit et du surprenant. On est quelque-part entre Ligeti et Kagel. Le dédicataire Pascal Contet rend pleinement justice à cette belle oeuvre parfois tonitruante, parfois ouvertement parodique, tonique et rafraîchissante.

Bernard Cavanna - Trois strophes sur le nom de Patrice Lumumba

L'effectif déployé par l'ensemble Ars Nova est pour cette pièce également fort inhabituel : alto solo (Hélène Desaint), viole de gambe, deux contrebasses, harpe, timbales. L'échafaudage entre rythmes pulsés et cordes frottées est subtil. Le troisième mouvement, une belle et longue déploration soliste, est le clou.

Bernard Cavanna - A l'agité du bocal

C'est le gros morceau de la soirée, une pièce récente, de plus de 35 minutes, avec 3 chanteurs, qui déclament, hurlent, glapissent, un pamphlet de Céline écrit en réponse "à une sorte d'article, le 'Portrait d'un Antisémite', par Jean-Baptiste Sartre" (sic). Cavanna vient présenter son oeuvre en lisant un texte plein d'humour grinçant, où il se moque un peu du public et de lui-même (la parenté Ligeti Kagel de nouveau patente). Quand Philippe Nahon lance l'Ars Nova, ma position me permettant peu de voir les sur-titres, je laisse rapidement tomber la lecture de ces éructations pleines de points d'exclamations, de références scatologiques et d'injures inventives, et me concentre sur la musique. Elle suffit amplement au spectacle, naviguant à vue en fonction du texte, remplie de hargne et de désir de mordre. C'est plus au Zimmermann des Soldaten que cette suite d'épisodes passablement furieux me fait penser. Là encore, des instruments inhabituels : cornemuses, orgue de barbarie. Le voyage n'est pas de tout repos, qui enchaîne les turbulences et les tourbillons, avec de rares pauses au milieu, permettant une citation de Beethoven. Puissant.

ars nova ensemble - concert bernard cavanna

Ailleurs : Michèle Tosi
SpotifyOrchestre National de Lille – Cavanna: Karl Koop Konzert - Shanghai Concerto - Trois Strophes et sous Youtube "A l'agité du bocal"

2 commentaires:

Bernard CAVANNA a dit…

Cher Monsieur,

Merci infiniment pour votre réaction ! j'aimerais bien avoir votre adresse mail.
Vous dites que ma présentation se moquait du public et de moi-même et vous avez totalement raison.
Les Grands dirigeants de la Grande Philharmonie ne l'entendent pas ainsi malheureusement
et depuis,
j'ai bien l'impression d'être totalement "grillé" auprès d'eux.
Bien à vous

bernard cavanna
bernardcavanna@club-internet.fr

bladsurb a dit…

Bonjour,

Mon adresse est indiquée en haut de page de ce blog : bladsurb@free.fr

J'espère que votre situation par rapport à la Philharmonie s'arrangera !