mercredi 10 septembre 2008

Pierre Henry - Erik Truffaz (Cité de la Musique - 9 Septembre 2008)

Sur la scène encombrée de hauts-parleurs mais aux éclairages peu travaillés arrive Erik Truffaz, ses quelques trompettes, sourdines, et boitiers. Au milieu de la salle, Pierre Henry s'asseoit derrière ses consoles.

L'essentiel du concert consiste en "Variations pour une porte et un soupir". Magnifique partition des temps initiaux de la musique concrète, tour à tout apre et séductrice, langoureusement liquide ou agressivement grondante, épurée aux limites du silence puis envahie de saturations cacophoniques, où plane des échos de percussions tibétaines, de chants féminins, de cloches de vache, de sirènes ... Tout un univers passionnant. Sur cette bande son mythique, aux sonorités d'une clarté magnifique, Erik Truffaz colle des improvisations comme il peut, et la plupart du temps tombe à plat. Ses notes posées sonnent tristement contraintes et pauvres, face à la liberté sauvage du bruit de Henry. Seule la mise en boucles superposées de bribes de mélodies réussit à créer un halo harmonique qui rend sa trompette compatible avec son partenaire. Peut-être un trompettiste beaucoup plus "Free", plus bruitistement expérimental, aurait pu réussir le challenge. Ici, c'est globalement un gros échec. Mais il suffit de filtrer sa trompette et se concentrer sur la porte et le soupir pour éprouver un grand plaisir.

En sorte de bis, une page plus courte de Pierre Henry, "La divinité invisible", plus stable harmoniquement, ce qui permet à la trompette de Truffaz de trouver une place plus naturelle. Mais la pauvreté de ses interventions reste manifeste. Et ses bricolages sonores fait vraiment pale figure face au vieux maitre.

Ailleurs : In the mood for Jazz

4 commentaires:

ptilou a dit…

Dommage ! Belle affiche ! et belle audace pour Truffaz de se frotter à M Henry... il est peut-être un peu juste en technique "live"... loin du studio
Un Médéric Collignon aurait sans doute bien convenue à ce type d'expérience : culot, désinvolture, créativité et pas d'appréhension face à l'impro... voix + buggle ... je m'en fais du cinéma.

bladsurb a dit…

Je n'ai jamais vu Colignon en concert, mais après son passage à la TV chez Zigel, j'espère pouvoir combler cette lacune, car il semble effectivement impresionnant ! Et aurait pu en effet être l'homme de la situation pour ce concert.

herwann a dit…

yep j'avais éavité d'aller le voir, surtout que son dernier album est franchement pas très bon... dommage...

Anonyme a dit…

J'ai vu Collignon...mais pouvait on encore parler d'un concert?

http://unsoirouunautre.hautetfort.com/archive/2008/09/04/boris-charmatz-et-mederic-collignon.html

Guy