jeudi 14 mars 2019

Féminin pluriel (Cité de la Musique - 14 Décembre 2018)

Dommage qu'il faille ce genre de thématique pour entendre de nouvelles compositrices, et encore est-ce relégué dans l'amphithéâtre, par quelques solistes de l'EIC.

Diana Soh - [p][k][t]

Courte pièce pour piccolo solo et traitement électronique en temps réel. Ça frémit et ça piaille, ça frissonne et ça glapit, ça souffle et ça proteste, et c'est déjà fini. Joli.

Tansy Davies - Arabescos

Duo pour hautbois et piano, l'écriture est trop classique pour m'accrocher (motifs mélodiques traités en variation, piano cantonné en position d'accompagnement, etc.).

Maja Solveig Kjelstrup Ratkje - Breaking the News

Pièce pour quatuor flûte, piano, violon, et violoncelle, ludique et spectaculaire : les musiciens choisissent une page dans les journaux du jour et la récitent, déclament, chuchotent, à leur guise ; le fond sonore est "de genre", parodies de cabaret ou de gigue irlandaise, citations, surprises (auriez-vous imaginé des musiciens de l'EIC clamer le nom de "Stromae" sur scène ?), théâtre à la Kagel, etc. C'est divertissant mais anecdotique (ou bien l'inverse).

Misato Mochizuki - Au bleu bois

Belle pièce poétique pour hautbois solo, inspirée par un tableau de Van Gogh. Des échos du Faune de Debussy ou du Dialogue de Boulez, entre autres, mais parfaitement digérés. Premier sommet de ce concert.

Nina Senk - Movimento fluido III

La flûte, le cor anglais, la clarinette et le piano s'entraînent les uns les autres par imitations de sonorités dans une course-poursuite abstraite, pleine de jolis moments (à la Rihm ?).

Lara Morciano - Raggi di stringhe

C'est presque un duo, entre le violon et l'électronique, qui se répondent ou s'affrontent. Ecriture et exécution virtuoses. Et en plus, c'est beau, intense et lumineux. Deuxième sommet du concert.

féminin pluriel

Ailleurs : Le concert est écoutable sur France MusiquePatrick Jézéquel

dimanche 3 février 2019

Sydney Symphony Orchestra - Berg Mahler (Philharmonie de Paris - 4 Décembre 2018)

Alban Berg - Concerto pour violon "A la mémoire d'un ange"

Plus encore que le jeu de Renaud Capuçon, ce qui m'a impressionné dans cette interprétation par le Sydney Symphony Orchestra dirigé par David Robertson, c'est le coté désagrégé de la musique, comme des morceaux d'épaves flottant entre deux eaux, un orchestre sciemment désuni, presque un champ de ruines. Impression funèbre garantie.

Gustav Mahler - Symphonie n°5

Contraste saisissant pour cette symphonie rondement menée, pleine d'allant et de détails, qui focalise mon attention tout du long. Bel orchestre, lecture assez neutre mais bien prenante, que du bonheur.

sydney symphony orchestra

Ailleurs : Vincent Guillemin

Bach6Cellosuiten - Queyras, De Keersmaeker (Philharmonie de Paris - 17 Novembre 2018)

Jean-Guilhen Queyras joue les six suites pour violoncelle de Bach, sans partition, assis sur une chaise tournée chaque fois dans une direction différente, et bien sur c'est magnifique. Pour chaque suite, un ou une danseuse virevolte autour de la scène. Anne Teresa De Keersmaeker joue une courte séquence, répétée à chaque danse. Le décor est vide, à part la chaise, et des adhésifs au sol qui dessinent une sorte d'étoile chaque fois agrandie.

Je n'ai rien compris à la danse, mais la musique a suffi à mon plaisir.

queyras rosas


Au-delà - Vivier, Grisey (Cité de la Musique - 16 Novembre 2018)

Claude Vivier - Jesus erbarme dich

Courte pièce où dialogue une soprano et un petit choeur l'entourant. Beau, simple, assez intense, mais vraiment court.

Claude Vivier - Cinq chansons pour percussion

Là, malheureusement, c'est beaucoup plus long, et bien moins intéressant. Le soliste passe d'un ensemble de percussions à un autre, mais rien ne se dégage vraiment, fors l'ennui.

Claude Vivier - Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele ?

On retrouve le Choeur Solistes XXI, accompagné de percussionnistes de l'EIC. En 8 minutes se déploie un drame, intense et violent, d'abord un brouillard de lignes vocales sur lesquelles surfe les déclamations et exclamations du ténor, suivi d'un récit, d'autant plus glaçant qu'il se révélera prophétique, d'un meurtre dans une rame de métro. Du grand théâtre, tétanisant.

Gérard Grisey - Quatre Chants pour franchir le seuil

Cette pièce est un chef d'oeuvre, ce soir en est encore une fois la preuve. La révélation est ailleurs : dans le talent immense de la chanteuse Melody Louledjian. Elle survole toutes les difficultés de la partition, et en exalte les beautés avec un naturel et une authenticité estomaquantes. Les similis-hoquets du premier chant, les dictions suspendus du deuxième (mon préféré je crois), tout est lumineux, sonne nécessaire. Michael Wendeberg n'a plus qu'à l'accompagner dans cette sombre traversée, et cela donne une interprétation historique. Frissons.

au-delà

SpotifyGérard Grisey: 4 Chants pour franchir le seuil de Gérard Grisey, Catherine Dubosc, Klangforum Wien, Sylvain Cambreling
Ailleurs : Alexandre Jamar

Iannotta Macé Lachenmann (Cité de la Musique - 26 Octobre 2018)

Clara Iannotta - Clangs

Cette pièce pour violoncelle et ensemble amplifié propose, en restant assez loin du concerto, une évocation des résonances du carillon de la cathédrale de Fribourg. Une étude, par moments joliment mystérieuse, par exemple quand sont utilisés des harmonicas enrobés de soie, ou d'autres sources sonores non conventionnelles et parfois peu identifiables. Intéressant.

clara iannotta

Pierre-Yves Macé - Rumorarium

A la base, il y a des enregistrements de musique de rue, avec lesquels il joue ; mais on n'échappe pas à l'effet catalogue : je ne saisis à aucun moment un discours d'ensemble unifiant les séquences. Je zappe.

Helmut Lachenmann - Concertini

Pour du Lachenmann, il y a moins de bruits et moins de désespoir que d'habitude. Ça ressemble même bien souvent à de la musique normale, avec de vrais soli virtuoses (et magnifiques) !

Spotify Lachenmann: Concertini & Kontrakadenz de Helmut Lachenmann, Ensemble Modern, Brad Lubman, Markus Stenz 
Ailleurs : Michèle Tosi


mardi 8 janvier 2019

Cinéma 2018

36 films, avec beaucoup de super-héros et peut-être un peu plus de films étrangers que ces dernières années, et ça c'est bien.

Le portrait interdit ; 3 Billboards + ; La douleur ; Black Panther + ; Phantom thread ; La forme de l'eau + ; L'apparition - ; Tesnota ; Tomb Raider ; Mektoub My Love ; Hostiles ; La prière + ; La mort de Staline ; Avengers : Infinity War + ; Everybody knows - ; Deadpool 2 - ; Solo - ; Volontaire ; Au poste ! ; Les Indestructibles 2 - ; Ant-Man et la Guèpe ; Une pluie sans fin + ; Mission impossible : Fallout ; Detective Dee : La légende des Rois Célestes ; Le Poirier sauvage + ; Woman at War ; Les Frères Sister ; Première année + ; La saveur des ramen ; Le grand bain ; En liberté ! ; Les crimes de Grindelwald - ; Les chatouilles ; Pupille + ; Amanda ; Spider-Man : New Generation + .

Planning Janvier - Février 2019

Avec un agenda si chargé, comment pourrais-je trouver le temps de rédiger mes chroniquettes en retard ?