mardi 11 septembre 2007

Aka Moon et invités - 15 years (Cabaret Sauvage - 9 Septembre 2007)

Se faire saluer par le vendeur de disques présent à l'entrée d'un "Bonsoir Mr Hatology" en référence aux soi-disant nombreux disques que j'achète dans cette collection au comptoir de la Cité de la Musique promettait une soirée particulière. Elle fut de fait extraordinaire.
Pour fêter leurs 15 ans de pérégrinations musicales et transcontinentales, les trois compères d'Aka Moon ont invités certains de leurs compagnons de voyage. Presque 10 personnes sur scène, pour une évocation, dixit Fabrizio Cassol, de diverses périodes de leur carrière. Et autant d'occasions de rencontres, de confrontations, d'échanges.
Ça commence par un duo, entre Baba Sissoko, griot malien, voix et percussion, et Tcha Limberger au violon ; Limberger, venu du jazz manouche, s'évade plus du coté de l'Inde, et discute avec l'Afrique, qui se répondent et se trouvent sans avoir à se dénaturer. Puis Stéphane Galland démarre. Il saura ce soir rester presque sobre, tant le plateau est suffisamment riche, il ne peut se permettre de présenter à tous ses musiciens un sol aussi accidenté que d'habitude. Du coup, la vedette sera peut-être plus Michel Hatzigeorgiou, impérial d'énergie et d'enthousiasme. Son solo habituel, avec boucles enregistrées en direct, et explorations du coté des frottages et sons électroniques, se prolongera ce soir par l'adjonction d'un duo vocal magnifique, Baba Sissoko d'un coté, Magic Malik de l'autre, atmosphère magique, mystique et sereine. A la flûte, Malik aura déjà eu son heure de gloire, en duo avec la guitare de Nelson Veras, échange de liquidités frémissantes.
Tous ces univers musicaux se frottent et complètent leurs couleurs dans de splendides échanges. Seul le percussionniste indien Sivaraman aura plus de mal à se couler dans le format, habitué à des cellules et développements plus longs, si bien que son premier solo met bien longtemps avant de vraiment démarrer. Mais il se rattrapera par la suite, avec entre autre un solo vocal où il se moquera aussi du langage gestuel de Cassol.
Car celui-ci tente de diriger tout ce petit monde, lançant les thèmes bien sur, mais aussi demandant à l'un ou l 'autre de prendre un solo, d'allonger une séquence ou de couper court.
Un mot sur Adam Woolf, à la saqueboute (trombone baroque) : son apport fut indécelable, il ne se mettra pas une fois du concert en avant ; n'était-il là que comme rappel de l'expérience VSPRS à laquelle il participa ?
Après plus de deux bonnes heures de musique, et un petit rappel, ils quittent la scène, nous laissant un peu groggys mais ravis, et promettent de revenir plus tard pour fêter la fin du festival, dont c'est effectivement le dernier soir. Je quitte les lieux les oreilles remplies de notes, pour traverser le parc illuminé dans la nuit. Moment de plaisir plein.

lundi 10 septembre 2007

Steve Coleman & Five Elements avec le Kroger Quartet (Cité de la Musique - 8 Septembre 2007)

Voici Steve Coleman dans sa formation la plus habituelle, les "5 elements", qui ce soir sont ... 5.
Au centre, le bassiste, Thomas Morgan. Sonorité profonde, jeu puissant, à la fois précis, rigide pour tenir debout dans la tempête, et suffisamment souple pour s'y mouvoir sans rompre, il donne à l'ensemble une colonne vertébrale indispensable.
D'un coté, le batteur Tyshawn Sorey et le percussionniste Pedro Martinez. Sorey est prodigieux : il a une puissance de feu phénoménale, qui parfois couve et parfois flamboie, mais dans une variété de textures, de couleurs, d'intensités qui renouvelle constamment l'attention, même dans les sections les plus péchues. Martinez complète le flux rythmique, touche discrète en fond sonore, ou prenant le premier plan dans quelques solos bien sentis. Leur ensemble donne une matière assez dense mais jamais étouffante.
De l'autre coté, les souffleurs. Steve Coleman, à l'alto, lyrique et fécond, inventif et généreux ; Jonathan Finlayson, le compagnon de plus longue date il me semble, à la trompette, qui le complète pour des enjolivures délicatement ornées ; et la chanteuse Jen Shyu dont la voix se fond dans les cuivres des deux précédents, glissant ça et là des paroles, mais se contentant le plus souvent de ponctuations mélodiques, mais pas assez variés pour ne pas à la longue lasser.
Au bout de trois quart d'heure vient s'ajouter le quatuor à cordes Kroger. La fusion entre les deux univers n'est que très parrtielle. Le quatuor est traité comme un instrument unique, le plus souvent en imitation d'une ligne de saxophone légèrement arpégée. Leur apport reste donc tristement superficiel, un léger glacis décoratif.
Mais la richesse de la musique, les constantes mutations du flux rythmique, les lignes mouvantes de Coleman et Finalyson, suffisent amplement pour une soirée enivrante de sons tourbillonnants.

Autre avis : Jazz à Paris

jeudi 6 septembre 2007

Steve Coleman - Aquarius Ingress (Cité de la Musique - 3 Septembre 2007)

Octurn / Magic Malick

Octurn est un groupe belge de Jazz qui se définit comme imprévisible (leur dernier disque passe en streaming sur leur site, écoutez-le pour avoir une bonne idée du concert). Effectif mouvant (ce soir, ils sont 10 sur scène), répertoire varié entre jazz-rock et musique contemporaine, entre autres. Les morceaux se déploient longuement, nimbés d'électronique (Jozef Dumoulin au Fender Rhodes apporte une couleur essentielle à l'ensemble, que complètent les bidouillages de Gilbert Nouno), sur une base rythmique peu jazz (basse électrique assez sommaire de Jean-Luc Lehr, batterie au groove plutot funk-rock de Chander Sardjoe) qui sait se taire souvent, ambiances souvent nocturnes que traversent des épisodes plus agités et de rares solos vraiment identifiables, le plus souvent simples éléments du son collectif (Magic Malik ne doit son nom sur l'affiche en position proéminente qu'à sa notoriété : ses solos se fondent dans l'ensemble, qui sur son site le liste comme un membre normal) ; c'est du prog-jazz intéressant, captivant par moments, avec une sensation de temps ralenti et flottant.

Steve Coleman - Aquarius Ingress

Projet intriguant : 4 saxophones, 2 clarinettes, et rien d'autre. Nous avons donc, malheureusement platement alignés sur la scène de façon tristoune, Tony Malabi et Ravi Coltrane au saxophone ténor, Steve Coleman et Miguel Zenon au saxophone alto, Mike McGinnins et Chris Speed à la clarinette. Le premier morceau présente plusieurs manières d'organiser cette manière sonore : en un jeu d'échos et de décalages entre les voix, ou en ensemble compact sur lequel un soliste se distingue, etc. Une série de duos permettra à chacun de briller plus facilement. De manière générale, c'est là du jazz qui s'adresse plus à la tête qu'aux tripes ; les musiciens, tous exceptionnels, semblent se retenir presque tout le temps, soucieux de respecter le format général. Je connaissais déjà Coleman et Coltrane, je découvre particulièrement Malaby, à l'allure impressionnante et qui explore précieusement les sonorités les plus fragiles de son instrument, et Zenon, aux solos les plus naturels et expansifs.
Nombreux sont les spectateurs qui quittent la salle en cours de route, au goutte à goutte pendant les morceaux (le bruit sourd des portes qui claquent ponctuant de manière fort audible l'ensemble des souffleurs, qui ne produisent guère de basses fréquences) et en flux plus intense, entre eux : avaient-ils lu l'affiche ? à quoi s'attendaient-ils ?
Cette formation façon sextuor à vent est jeune ; ça manque encore un peu de spontanéité, ils s'écoutent beaucoup, cherchent un peu leurs marques ; mais le potentiel est là, original, prometteur, et plein à craquer de talents !

Voir aussi : Jazz à Paris, Allegro-Vivace

lundi 27 août 2007

Planning Septembre - Octobre 2007

Du bout de ma planche j'observe la fin de l'été
Tout est si calme ce soir
Puis-je frimer ?

Puisque la blogosphère se réveille lentement de sa torpeur estivale, reprenons nous aussi l'exercice habituel de lister les réjouissances proches.
Puis pause, presque jusqu'à mi Novembre !

samedi 11 août 2007

Quand un PC meurt un autre prend sa place

Lorsque votre ordinateur, au lieu d'afficher sur l'écran les sibyllins mais habituels messages de démarrage, préfère vous parler, et passe en boucle sur vos hauts-parleurs, d'une voix féminine quoiqu'un peu métallique, "System failed CPU test", vous savez que vous êtes dans la merde. Après avoir ouvert les entrailles de la bête, manqué d'étouffer sous les assauts des moutons de poussière qui s'y dissimulaient en épais troupeaux, et tenté de comprendre pourquoi la carte mère et la CPU soudain avaient décidé de ne plus se reconnaître, j'ai finalement obtenu le message "CPU not installed" qui a mis fin à ces questionnements. Petit voyage rue Montgallet un peu moins fréquenté que d'habitude en ces temps estivaux, et me voilà possesseur d'un nouvel engin. Boîtier plus silencieux que le précédent, dual core, écran plat, plus grand et tout en largeur, faisons-nous plaisir au passage !
Et me voilà tentant de retrouver tous les logiciels à installer, les identifiants des sites habituels, la liste des flux RSS et des comptes de messagerie, tout ce qu'un ordinateur bien gentil garde dans ses configurations et qu'il conviendrait aussi de noter en cas de pépin ...

mardi 24 juillet 2007

Celea Couturier Humair Trio (Arènes de Montmartre - 23 Juillet 2007)

Pleuvra ? Pleuvra pas ? Installés sur les gradins de pierre de ce fort sympathique coin de verdure sur la butte, nous étions nombreux à observer le ciel et les nuages rapides. Finalement, il se mit à pleuvoir cinq minutes avant le début du concert, et pendant bien trois quarts d'heure. Abrités sous des parapluies, pour certains prêtés par les organisateurs, nous restâmes tous pour nous délecter de la musique, accompagnée du bruit de la pluie, d'un oiseau moqueur ou d'une voiture récalcitrante ; charmes des concerts en plein air !
S'il fallait d'un mot résumer la musique jouée ce soir : élégance. Pas d'esbrouffe, peu de spectaculaire, mais de la tenue, et une grande classe. A la contrebasse, Jean-Paul Celea explore les mélodies, pose pour ses comparses des repères précis, puis vagabonde sans jamais se perdre, dans des contrées remplies d'émotions et de sincérités ; à la batterie, Daniel Humair nous offre une infinie variété de couleurs aux cymbales, jongle sereinement avec les tempi, donne du souffle et ouvre les espaces ; au piano, François Couturier mixe les essences du Jazz et de la musique classique, dans une recherche d'équilibre où les accords plaqués ne sont jamais surpuissants, ni les notes enchainées en cascades trop rapides, tout dans la nuance et la distinction. Elégance, disais-je, donc.
Les sources sont variées : du Mahler (sic : "le célèbre 'Mort à Venise' de Mahler"), du Beethoven (une magistrale réinterprétation de la marche funèbre de la septième symphonie, où la batterie roule son désespoir hargneux sous le duo piano-basse énonçant le thème en minimalistes), du Britten, le thème de "Deer Hunter" suivi d'un morceau d'Ornette Coleman, des compositions de Jazz modernes, et des improvisations plus libres, où la musique respire tranquillement de l'un à l'autre ; le tout unifié par le jeu de ces trois compagnons, qu'une solide habitude lie, et dont le disque annoncé chez Bee Jazz pour l'automne promet d'être fort intéressant.

En attendant de pouvoir les entendre, vous pouvez les voir.

vendredi 20 juillet 2007

20/07/2007 (mais trop tard pour 20:07)

Ayant loupé la précédente, je profite d'une date remarquable pour un rapide passage sur ce blogue. Aucun nouveau spectacle à chroniquer depuis fin Juin, des vacances familiales très calmes et un peu tristes, un retour au boulot sans enthousiasme, pas grand-chose à ajouter.
Si ce n'est quelques nouveaux morceaux dans les radios "cantates", "cordes" et "jazz moderne".


Peut-être profiterai-je de Paris Quartier d'Eté pour que ce lieu ne soit pas totalement déserté avant Septembre et la reprise des activités habituelles. Sinon, vous me trouverez sans doute plus souvent ici ou là.