40 Ans de l'EIC - Kukebox contemporain (Cité de la Musique - 19 Septembre 2026)
Cette fois, pas de discours de ministre comme pour les 30 ans, pas de pochette cadeau comme pour les 40 ans, mais un concert au programme choisi en partie par les spectateurs (mais pas par moi - aurais-je loupé le mail correspondant ?).
Pierre Boulez - Dérive 3
C'est la pièce inédite de la soirée, une dérive pour cuivres et percussion, reconstituée à partir d'archives en cours d'inventaire. Si la partie pour cuivres est assez limpide, avec des appels énergiques, des accélérations et des ralentissements, les percussions sont plus embrouillées ; mais peut-être sont-elles en fait brouillonnes, et auraient-elles été retravaillées avant leur parution ?
Comme la fin ne consiste qu'en des idées listées sur la partition, ce sont ces mots qui sont simplement projetés au-dessus de la scène : "Cloches. Accords immobiles. Ringing the bells - permutations". Belle idée de mise en scène qui fonctionne très bien.
Interlude : performance de Mariam Rezaei
Avec deux platines qui permettent tous les effets du turntablism et tout le catalogue EIC à sa disposition, cette performeuse nous propose une évocation de l'orchestre avec plein de petits extraits qui font une très jolie tapisserie sonore, pendant que les instruments sont déplacés sur scène.
György Ligeti - Concerto de chambre
C'est donc l’œuvre la plus souvent jouée par l'EIC, et il serait passionnant d'étudier comment chaque chef d'orchestre en a donné une interprétation différente. Ce qui me frappe le plus avec Pierre Bleuse, c'est la richesse, voire l'opulence, des textures orchestrales. A la limite du gras. Mais très maîtrisé.
Interlude : performance de Mariam Rezaei
Elle est accompagnée cette fois de la harpiste Valeria Kafelnikov, pour évoquer le "Imaginary Sky-lines" de Ivan Fedele. Le mixage des sons enregistrés et des sons en direct est excellent. Une bonne mise en bouche après le premier entracte.
Unsuk Chin - Gougalon
Sous-titre : scènes de théâtre de rue. Et c'est exactement ça : les solistes s'emparent chacun à son tour de la scène, pour capter l'attention des badauds ébahis. C'est un peu superficiel, mais très attrayant et ludique.
Kaija Saariaho - Semafor
C'est la pièce qui ce soir me touche le moins. On est vraiment en territoire trop connu, du Saariaho de chambre et sans surprise.
Interlude : performance de Mariam Rezaei
Est-ce la peur que le public s'endorme entre Saariaho et Grisey qui a motivé le choix ici ? C'est de la percussion à la Xenakis qui éclate en direct, par Aurélien Gignoux, redoublé aux platines, pour un boost d'énergie spectaculaire et impressionnant.
Gérard Grisey - Partiels
Les grands claquements de la contrebasse qui se propagent dans tout le spectre, en vagues mutantes de sonorités déformées, c'est splendide, et à vivre en concert, dans le mystère des transformations opérées sous nos yeux. Et la fin, où on plonge dans la trivialité des sons de papier froissé, ajoute une touche d'humour.
Un excellent concert, avec un soin particulier pour limiter les attentes entre les morceaux - il y a vraiment eu de grands progrès de ce coté-là. On termine même à l'heure prévue !
Ailleurs : Michèle Tosi, Jérémie Bigorie ...




























