lundi 14 janvier 2013

Richard Wagner par Marek Janowski (Salle Pleyel - 6 Janvier 2013)

Richard Wagner - Enchantement du Vendredi Saint

Je connais très mal Parsifal, et du coup je reste un peu en bordure de cette musique qui flotte comme hors-temps, sans grands moments qui emportent tout, c'est plus un fondu enchaîné mystérieux d'impressions fuyantes. Comme je suis à l'arrière-scène, les voix des deux chanteurs ne m'atteignent qu'à peine, je suis plus immergé dans la matière un peu liquide de l'orchestre, et j'aime bien ça.

Richard Wagner - Siegfried-Idyll

J'ai du mal à rester attentif à cette déclaration d'amour gentiment niaise, et ne résiste pas à un peu de somnolence, bercée par le ronron sucré de la ritournelle. Je suis content d'émerger au moment de la berceuse, joliment jouée au hautbois. A l'entracte, les gens sifflotent - une vraie scie pop !

Extraits du Crépuscule des Dieux

Là, je suis beaucoup plus à mon aise. L'orchestre Philharmonique de Radio-France nous plonge avec bonheur dans le Voyage de Siegfried sur le Rhin, dans le roulis des thèmes et la beauté des vagues. Marek Janowski joue sur les tempi, avec de beaux ralentis et accélérations, laissant les musiciens briller en solistes et en phalanges. La Marche funèbre est tout aussi somptueuse, peut-être un brin trop jolie pour être complètement dramatique.
Pour la scène finale de l'Immolation, Violeta Urmana vient interpréter Brünnhilde, mais comme pour le premier morceau, je n'ai pas grand-chose à dire sur sa voix, que je n'entends guère. Bien sur, isolée ainsi, même en fin de concert, l'impact est moindre qu'en fin de cycle du Ring. Mais quand même, quelle musique prodigieusement riche d'émotions ! Etre en arrière-scène permet d'y découvrir plein de petits trésors, et de voir les sourires des musiciens au viva final, ou les cornistes qui félicitent leur soliste, et ils ont bien raison d'être contents d'eux, c'était un beau concert.

Ailleurs : Paris-Broadway


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