dimanche 17 septembre 2017

Zorn by Zorn - The interpretations of Dreams (Cité de la Musique - 1 Avril 2017)

Il s'agit de la part "musique de chambre" de John Zorn. Cette fois, j'ai pris quelques notes ...
Dans l'ensemble, un concert agaçant par certains aspects, agréable par d'autres, mais cette part de la roduction zornienne n'est certainement pas la plus captivante.

The Aristos - Ghosts - Hexentarot

Chris Otto, violon ; Michael Nicolas, violoncelle ; Steve Gosling, piano. Ambiance et mélodies d'inspiration romantique, virtuosité visant à l'esbrouffe, technique de collage post-moderne.
the interpretation of dreams : chris otto / michale nicholas / steve gosling

Divagations

Steve Gosling, piano ; Greg Cohen, basse ; Tyshawn Sorley, batterie. On est entre musique de chambre et Jazz. La basse est joliment chantante, la batterie est plus free, fonctionnant en start/stop.
the interpretation of dreams : steve gosling / greg cohen / tyshaw sorey

Freud

Chris Otto, violon ; Jay Campbell, violoncelle ; MichaelNicolas, violoncelle. La méthode de composition reste basée sur du collage. Il y a de jolis passages techniques, avec les deux violoncellistes jouant chacun avec deux archets. Mais le musicien qui m'impressionne le plus est Chris Otto.
the interpretation of dreams : chris otto / jay campbell / michael nicolas

Obscure Objects of Desire

Chris Otto, violon ; Austin Wulliman, violon ; John Pickford Richards, alto ; Jay Campbell, violoncelle ; Steve Gosling, piano. Donc, un quatuor à cordes plus piano. La littérature abonde. Ici, c'est virtuose, mais vide.
the interpretation of dreams : jack quartet

Ouroboros

En bonus, ce trio : Jay Campbell, violoncelle ; Michael Nicolas, violoncelle ; Tyshawn Sorey, batterie. Impressionnants passages en saturation des deux violoncelles, chauffés par la batterie.
the interpretation of dreams : ouroboros

EIC 40 - Genesis (Cité de la Musique - 30 Mars 2017)

Sans vidéo et sans notes, relater cette soirée va être rapide.
Le principe, c'est d'avoir passé commande à 7 compositeurs d'une page de musique pour illustrer chacun des 7 jours de la création selon le livre de la Genèse.
Par ordre d'apparition, on a :
Jour 1  : Chaya Czernowin "On the Face on the Deep"
Jour 2  : Marko Nikodijević "dies secundus"
Jour 3  : Franck Bedrossian "Vayehi erev vayehi boker"
Jour 4  : Anna Thorvaldsdottir "Illumine"
Jour 5  : Joan Magrané Figuera "Marines i boscatges"
Jour 6  : Stefano Gervasoni "Eufaunique"
Jour 7  : Mark André "riss 1"

Le tout est bien sur enchaîné. 

Comme je n'ai aucun souvenir fiable de cette soirée, je préfère renvoyer directement vers les compte-rendus de Michèle Tosi "Genesis au coeur de la Création contemporaine" et de Pierre Rigaudière "... et l'Ensemble InterContemporain fut".

la génèse

EIC 40 - A Livres Ouverts (Cité de la Musique - 17 Mars 2017)

10 ans après le 30ème anniversaire de la naissance de l'EIC, tombe le 40ème anniversaire de la naissance de l'EIC. Mais cette soirée est plus ambitieuse, et plus réussie. Conçue par les deux flûtistes Emmanuelle Ophèle et Sophie Cherrier, elle se divise en quatre "livres" successifs, chacun proposant une série d’œuvres, en extraits ou en intégralités, illustrant une décennie. Les enchaînements sont remarquables de fluidité, avec des pièces jouées dans les gradins pendant que la scène est réaménagée, et des projections vidéos pour servir de parenthèses, etc. L'équipe des installateurs, qu'on voit si souvent travailler d'arrache-pied pour tout déplacer d'une pièce à l'autre, aura d'ailleurs droit à un hommage en cours de soirée.
Autre particularité : les œuvres jouées ne seront connues qu'après le concert, pour laisser la surprise. Et les applaudissements sont très limités entre les pièces.
Du beau boulot, donc !

(j'ai loupé le début du concert, n'ayant pas pris conscience de l'horaire particulier de 19h30, marathon musical oblige, mais j'ai pu rattraper par la vidéo)

Livre 1 (1977-1987)

On commence par une fanfare (du Berio) et de la percussion (du Xenakis), départ bien explosif, mais les points forts sont un émouvant "Mémoriale (... explosante-fixe ... Original)" de Boulez, et un 3ème mouvement du "Concerto de chambre" de Ligeti bien précis et enlevé.

Livre 2 (1987-1997)

Toujours de la diversité dans les effectifs successifs : un quintet de cuivres, un quatuor à cordes, un quintet de vents, un orchestre de chambre ... Mes moments préférés : la joliment élégiaque 1ère des "3 inventions" de Benjamin, et un extrait plaisamment agité de "Gejagte Form" de Rihm.

Livre 3 (1997-2007)

C'est le piano que je préfère dans cette partie, qu'il soit en solo dans une étude 1 d'Unsuk Chin, classique et poétique, ou en dialogue, étincelant, avec des percussions, dans le "Tombeau in memoriam Gérard Grisey" de Philippe Hurel. Mais le choix d'extraits atteint un peu ses limites : les univers de Jonathan Harvey ou de Philippe Manoury ne sont pas mis à l'honneur par les passages choisis.

Livre 4 (2007-2017)

Un peu de saturation avec la clarinette contrebasse de "Art of metal II" de Yann Robin, spectaculaire mais qui sonne déjà "vieux" ;  "... Nachlese II...", un duo pointilliste et fiévreux violon / violoncelle de Michael Jarrell ; un "Octet" pour instruments à vent de Peter Eötvös qui me laisse assez froid ; Bruno Mantovani vient diriger un extrait de ses "Streets", où se mélangent genres et couleurs et où fusent les traits solistes ; et un extrait de "bereshit", du chef actuel Matthias Pintscher, qui a tendance à un peu trop servir ses propres oeuvres.

Et c'est fini, tout le monde s'assemble, musiciens, personnel administratif, techniciens divers, surpris par une soudaine explosion de confettis, le public longuement applaudit, c'est beau.

eic 40 ans - à livres ouverts

samedi 17 juin 2017

Trio En Corps / Risser, Duboc, Perraud (Atelier du plateau - 15 Mars 2017)

Ce trio a sorti un disque il y a quelques années, et célèbre la sorte d'un deuxième ce soir. Je connaissais les trois musiciens, mais ils sont si polyvalents que le résultat de leur alliage était peu prévisible.

A une extrémité, il y a Edward Perraud, qui restructure continuellement sa batterie, démontant une cymbale, utilisant des archets aux formes étranges, complétant son set par des percussions venues d'ailleurs, pour varier continuellement les couleurs, les textures, les sonorités proposées. A l'autre extrémité, Eve Risser joue sur un piano préparé, dans une sorte de minimalisme exacerbé, des boucles sur deux ou trois notes, des scansions d'accords qui fouillent et s'enfoncent, mais où pulse une intensité d'invention à la Cecil Taylor, avant de tripatouiller d'indevinables objets dans la caisse de résonnance. Et au milieu, Benjamin Duboc règle la marche depuis sa contrebasse ; il me semble que c'est lui qui lance les nouvelles séquences et gère les changements de climat, entre des plages presque statiques, où tout vibre, fluctue, grince et grandit souterrainement, dans une nuit un peu hallucinée, et d'autres plages plus dynamiques, parfois même rythmiquement très vives, où d'éphémères schémas surgissent, oh une mélodie, oh un emportement synchrone, avant de se disloquer.
Tout ça est à fleur de peaux, à fleur de nerfs, à fleur de muscles, avec des identités très fortes à chaque pupitre, et de spectaculaires et imprévisibles changements parfois d'un instant à l'autre. Un trio en confrontation bien plus qu'en fusion, mais qui génère une musique organique et passionnante.

trio à corps

Ailleurs : concert de ce soir par Anne Montaron, chronique de leur deuxième disque par Philippe Méziat.

Budapest Festival Orchestra / Beethoven, Mahler (Philharmonie de Paris - 10 Mars 2017)

Ludwig van Beethoven - Symphonie n°1

Une interprétation que je vais avoir du mal à définir, puisque je découvre pour ainsi dire l'oeuvre (ben oui). Ce qui me semble cependant, c'est que la matière sonore sonne excessive par rapport au propos musical : c'est-à dire que pour moi, l'orchestre est trop gros, le son trop épais. J'aimerais trouver une version plus "orchestre de musique de chambre", pour voir si ça me convient mieux ...

Gustav Mahler - Le Chant de la Terre

Plus encore que le ténor Robert Dean Smith, pas vraiment passionnant, et que l'alto Gerhild Romberger, pourtant excellente, c'est l'orchestre, le Budapest Festival Orchestra, et son chef, Ivan Fischer, qui emportent le morceau. Sans esbroufe ni mise en avant de détails spectaculaires, il déroule le récit de façon très naturelle, mais en suscitant une attention constante : je suis happé tout du long, chants pairs et impairs, subjugué par la beauté simple des timbres, par le dynamisme des équilibres, par la conviction des musiciens. C'est une réalisation admirable.

budapest festival orchestra

Ailleurs : Julien Hanck

Texier / Marguet quartet For Travellers Only (Le Triton - 25 Février 2017)

Bon, heureusement qu'il y avait une vidéo du concert pour réveiller quelques souvenirs ...

Dans ce quartet mené par Sébastien Texier et  Christophe Marguet, on retrouve un compagnon de longue date, Manu Codjia à la guitare, et plus original, François Thuillier au tuba pour remplacer la contrebasse. Tous les thèmes viennent de Texier et Marguet, les plus rythmiques venant du saxophoniste, et les plus mélodieux venant du batteur. Pour tout dire, on est en terrain connu, et la couleur particulière amenée par le tuba pourrait être davantage travaillée et mise en avant, car elle se fait oublier, sauf lors des solos (avec glissandi barissants du plus bel effet).

De la douceur touchante de "Peace ouverture" (?) et son magnifique solo de guitare (ce soir, Codjia est un peu en sourdine, je le préfère plus tranchant et flamboyant), au déroulé impeccable et captivant de "Cinecittà", son rythme de bal populaire où la nostalgie enfle et se densifie jusqu'à déborder et m'emporte, sur les ailes de la clarinette de Texier et les fûts aiguisés de Marguet, les thèmes se suivent, pas tous à la même hauteur (le répertoire est en cours de création, joué pour la première fois ce soir). Mais la soirée est très agréable, ce qui est peu étonnant vus les musiciens réunis et l'entente qui les lie après tant d'années à se côtoyer chez les uns et les autres.

Bon vent donc à ce nouveau projet, à ses voyages et ses influences variées !

mardi 9 mai 2017

Planning Mai - Juin 2017

Ouhla, folle activité. Vais-je tenir le rythme ?