jeudi 25 août 2011

Planning Septembre - Octobre 2011

Cette année, je vais écrire ce billet de planning avant le commencement des réjouissances !

dimanche 10 juillet 2011

Pina Bausch - Como el musguito en la piedra, ay si, si, si (Théâtre de la Ville - 3 Juillet 2011)

Voici donc la dernière création de Pina Bausch, décédée quelques semaines après. Mais ni cette triste circonstance particulière, ni le film de Wenders qui a initié un nouveau public à son art, ne modifient le fait que ce spectacle est dans le droit-fil de ceux créés par le Tanztheater Wuppertal depuis une bonne dizaine d'années, au point que relisant mes chroniques précédentes, il me semble que je pourrais presque intégralement rédiger celle-ci par des copiés/collés.

Ainsi, la troupe continue de rajeunir, par départ des plus anciens (ces absences se remarquent plus facilement que l'arrivée de petits nouveaux - les "diseuses de nom" Regina Advento ou Nazareth Panadero ne sont pas là par exemple). Et cela continue d'engendrer une énergie plus positive (Fernando Suels Mendoza s'imposant cette fois brillamment dans ce rôle, charisme, humour, générateur de confraternité et d'enthousiasme), et de diminuer les prises de tête sur les rapports de couple (une danseuse nous explique qu'en ce moment, elle apprend simplement à profiter du temps présent, ni passé, ni futur, et qu'elle aime beaucoup ça). L'exception la plus notable reste Dominique Mercy, qui peut simplement traverser la scène gravement chargé de l'historique de la troupe, puis s'élancer dans une danse de fantôme lunaire fragile comme une plume.
Le décor est de plus en plus minimal. Cette fois, on peut croire à son absence même, puisqu'il se présente comme un simple plateau nu et blanc. Mais ce sol est en fait constitué de plaques qui peuvent légèrement s'écarter, créant par moments un réseau de failles que les pieds doivent alors franchir. Souvenir de paysage desséché. Moins d'objets, aussi, un seul oreiller pour une nuit agitée de cauchemars d'une danseuse, quelques branchages pour s'embrasser à travers, pour soulever les cheveux en nettoyant le sol, ou à transporter dans un sac à dos. Et peu d'eau. Quelques bouteilles, renversées sur un visage qui se maquille sous l'inondation, quelques verres offerts et bus dans des positions extravagantes.
Le pays visité inspire quelques scènes. Cette année, c'est le Chili. Le livret explique que la première scène évoque les tortures (une femme à quatre pattes crie quand deux hommes la soulèvent pour la transporter d'un point à un autre - mais ces deux bourreaux sont trop déférents et comme attentionnés pour que je saisisse l'allusion tout seul), une nuit à regarder la constellation du poisson illustre les sites d'observation astronomiques. D'autres scènes peuvent faire échos à la vie observée, au Chili ou ailleurs, dont quelques flashs remarquablement montés, tranches de vie résumées en 30 secondes comme des sketches de films muets, enchainés à toute vitesse. D'autres conservent leur mystère, comme cette femme attachée à une corde qui tente de s'échapper tandis qu'un homme passe en s'accrochant à une autre corde ; on est parfois proche du surréalisme. Une femme veut aussi apprendre à marcher à son poisson rouge, mais c'est pas nouveau.

La plus grande nouveauté, c'est le retour des chorégraphies de groupe. On a bien moins l'impression d'une suite de solos. Duos, trios, et même donc des moments où tous dansent ensemble, corps alignés se caressant la tête les uns des autres et s'inclinant tel un seul long corps selon les impulsions donnés par Mercy, ou tous tournoyant, elles dans leurs habituelles splendides robes et balançant leurs amples chevelures (même si ce n'est pas de la hairography), eux dans leurs habituels tristes costumes. Il y a aussi beaucoup d'objets lancés par les hommes que les femmes essaient de rattraper (dont des bouchons, le Chili est aussi un pays viticole).
Avec une bande son aussi contrastée que d'habitude, et un rythme mieux maitrisé que parfois (la fin reprend en sens inverse les scènes initiales, mais d'une façon résumée qui fonctionne bien : certaines années précédentes, c'est toute la deuxième partie qui semblait une redite quelque peu assommante des idées de la première partie), ce spectacle passe bien dans sa durée. Il en reste une jolie moisson d'images et d'émotions.

la troupe du tanztheater wuppertal

Ailleurs: Palpatine, Amélie, Main tenant.
Spotify: Bande son très diverse, donc. Genre mélange de Amon Tobin – Supermodified, The Balanescu Quartet – Angels & Insects, Violeta Parra – Canciones reencontradas en París

vendredi 1 juillet 2011

Arnold Schönberg - Gurre-Lieder (Salle Pleyel - 25 Juin 2011)

Dernier concert programmé de l'année - et pas des moindres ! L'effectif orchestral démesuré impressionne (11 contrebasses d'un coté, 4 harpes de l'autre, 25 cuivres et 25 bois, etc.). Mais Marc Albrecht garde bien le contrôle sur la puissance de son orchestre philarmonique de Strasbourg, qui jamais ne saturera la salle Pleyel. La partition de Schoenberg y est aussi pour beaucoup, qui utilise cette profusion d'instrumentistes pour varier les effets et les textures, dans une extension du grand style wagnérien. Cette influence est particulièrement manifeste dans la première partie, grand duo d'amour entre le roi Waldemar et sa jeune maitresse Tove. Les deuxièmes et troisièmes parties accélèrent les ruptures de ton, accentuent le tragique, le lugubre, ajoutent du grotesque, des choeurs, et du parlé-chanté.
Il est difficile d'apprécier la prestation de l'orchestre, en absence de comparaison, pour une pièce qui n'est donnée que tous les 10 ans à Paris, et qui ne rend sur disque qu'une faible part de la splendeur largement déployée ici.
Coté voix, il y a du bon, et du moins bon. Le pire, c'est le parlé-chanté, avec voix très mal amplifiée, qui démarre métallique et irréelle, et qui va trop vite, Barbara Sukowa me donne l'impression d'un mauvais exercice de rap, qui me repousse très loin de toute émotion. Les deux voix principales, Ricarda Merbeth en Tove, remplaçante, et Lance Ryan, en Waldemar, sont passables, sans plus, souvent couverts par l'orchestre, et je n'aime pas le timbre de Ryan. Les seconds rôles sont bien meilleurs, Albert Dohmen en paysan effrayé, et Arnold Bezuyen en bouffon sardonique, des rôles à effets, où ils plongent avec gourmandise. Et enfin, le sublime est atteint par Anna Larsson, en colombe des bois, somptueuse, se jouant de la puissance orchestrale, une évidence et une émotion exceptionnelles.
Une longue ovation salue l'ensemble des protagonistes, Anna Larsson et Marc Albrecht en particulier, qui le méritent bien, pour cette pièce énorme, rare, et un peu orpheline, tant Schoenberg partira, pendant même son écriture, sur d'autres pistes, qui elles nourriront si profondément le siècle naissant (ça fait longtemps que je n'ai pas entendu le Pierrot Lunaire, tiens ...).

Dommage que le spectacle n'ait pas été enregistré, quand même (ni par Arte Live Web, ni par France Musiques !).

gurre lieder

Ailleurs: Palpatine, Corley, Musica Sola (en attendant d'autres encore plus en retard que moi ...)
Spotify: Gurre-Lieder, en version B.B.C. Symphony Orchestra - Pierre Boulez, Wiener Philharmoniker - Claudio Abbado, ou historique 1953 Paris New Symphony Society - René Leibowitz.

samedi 25 juin 2011

Fête de la musique "Bee Jazz" (Théâtre du Châtelet - 21 Juin 2011)

Le label Bee Jazz organise au Châtelet cette soirée où se succèdent trois formations, piano solo, duo piano saxophone, trio piano basse batterie. C'est bien sur l'occasion de faire un peu de promotion pour leurs albums récents, surtout pour "Aéroplanes" de Hoang et Delbecq, que Bee Jazz pousse en avant assez agressivement. Pas mal d'invités dans le foyer du théâtre ne semblent venus que pour eux ...

Guillaume de Chassy


soirée bee jazz

Pour lutter contre la morosité, explique-t-il, le pianiste décide de nous offrir un bouquet de chansons. Les sources sont très diverses : folklore hongrois, Charles Trenet, Neil Young, du Prokofiev ... Les thèmes sont développés avec une grande assurance, et l'exploration mélodique des thèmes bénéficie de son sens de la construction, très solidement charpentée (les surprises rythmiques sont du coup rares). J'ai particulièrement aimé le traitement de "Like a Hurricane", avec une tension grandissante, par une saturation harmonique puissante, pédale de droite enfoncée, jusqu'à créer une chambre d'échos impressionnante, au milieu de laquelle il reprend la mélodie à nue, très bel effet de contraste. Jolie idée aussi pour le Charles Trenet, de ne donner la mélodie qu'à la fin, après avoir longuement cheminé loin du thème.

Antoni-Tri Hoang / Benoît Delbecq


soirée bee jazz

On change de registre avec ce duo, à la musique plus aventureuse, plus fragile, qui me convainc plus sur leur disque que lors du concert. Delbecq prépare un peu le piano, puis reste toujours comme en arrière-plan (mais c'est je crois son style, il accole son univers original à celui de ses camarades de jeu, comme pour ne pas s'imposer). Hoang joue doucement, se lance dans ses compositions aux équilibres subtils, alterne entre saxophone alto et clarinette basse. Improviser avec un matériel si délicat et peu conventionnel, demandera peut-être un peu plus de temps à ces deux musiciens pour que ça fonctionne vraiment (ou à moi de me familiariser plus avec leur musique, le CD est là pour ça). Mais ce soir, moi, ça ne m'a pas emporté comme je l'aurais espéré.

Edwin Berg / Eric Surmenian / Fred Jeanne


soirée bee jazz

Et pour finir, un trio à l'esthétique très inspirée des premiers trios de Bill Evans, que ce soit chez le batteur Fred Jeanne, finement coloriste, chez le pianiste Edwin Berg, sensible et frissonnant, jusqu'à son attitude corporelle de romantique torturé par les affres de la création, ou le contrebassiste Eric Surmenian, qui m'a fortement impressionné, touche délicate, solos poétiques, émotion à fleur de cordes, non pas en simple héritage plaqué de Scott LaFaro mais intégré dans son son personnel, superbe découverte.

dimanche 19 juin 2011

EIC + Neue Vocalsolisten Stuttgart (Cité de la Musique - 17 Juin 2011)

Troisième concert de suite à la Cité, mais celui-ci était prévu au programme ! Inscrit dans la Biennale d'Art Vocal, il comportera une pièce purement vocale, puis une pièce purement instrumentale, puis une pièce mixte.

Ivan Fedele - Animus Anima II

Les 7 chanteurs et chanteuses commencent par des bruits vocaux puis lancent des mots en italien, difficile de ne pas penser à Berio. Mais il y a quelque-chose de plus structuré dans cette pièce de Fedele, qui coupe ses 20 minutes en 4 parties, et sans vraiment ennuyer, ne passionne pas non plus.

Johannes Maria Staud - Par ici !

Deuxième pièce que j'entends de ce jeune compositeur autrichien, et j'aime beaucoup. Si elle ne dure que 8 minutes, elle me semble particulièrement dense en événements, et réussit à caser dans cette période beaucoup d'excellente musique, avec une bonne dramaturgie, un début en aplat ("la mer des Ténèbres" des vers du "Voyage" de Baudelaire qui sert de thème ?), une fin en appel vif ("Par ici ! Vous qui voulez manger le Lotus parfumé !" ?). Le livret insiste sur le rôle du piano où un dispositif Ircam ajoute des quarts de tons mouvants. Comme d'habitude, j'absorbe cette micro-tonalité sans même m'en rendre compte !
Cette pièce est un travail préparatoire à une mise en musique de tout le poème "Le Voyage" de Baudelaire, que j'attends maintenant avec gourmandise !

johannes maria staud

Bruno Mantovani - Cantate n°1

C'est le gros morceau du concert, plus de 40 minutes de musique pour 6 musiciens et 7 chanteurs et chanteuses, autour d'une dizaine de poèmes de Rilke. Les variations dans le traitement vocal (plus prononcées que pour son dernier opéra !), les fins arrangements instrumentaux, qui renouent avec les alliages étranges qui sont l'une des forces de Mantovani (même avec si peu d'instruments, il crée des mixtures genre alto / clarinette, comme si chacun s'approchait du son de l'autre par la technique de jeu, le résultat est plusieurs fois très troublant et beau), les interludes entre les poèmes souvent très sobres, donnent à cette cantate une force maintenue sur la longueur.
Dans le livret, Mantovani s'inquiétait de donner un "n°1" en titre si jamais ne venait un "n°2", mais en fait, il y a déjà désormais une "cantate n°2".

bruno mantovani

Spotify: Johannes Maria Staud – Tempo rubato, Bruno Mantovani: Concerto pour deux altos, Time Stretch & Finale, Ivan Fedele: Mixtim

Matteo Cesari - Autour de Ferneyhough et des mythes grecs (Cité de la Musique - 16 Juin 2011)

Dans l'amphithéâtre est donnée une série de concerts gratuits présentant de jeunes solistes du conservatoire voisin, qui aurait mérité un peu plus de publicité ! Je tombe sur ce concert totalement par hasard, en découvrant un dépliant de présentation lors du concert de la veille, où j'étais déjà par le hasard d'une invitation de dernière minute.
Bref, c'est devant une salle bien trop peu pleine que se produit le flûtiste Matteo Cesari, accompagné par le pianiste Fuminori Tanada.

Brian Ferneyhough - Cassandra's dream Song

Cette pièce, réputée injouable encore dans les années 70', est maintenant au programme des élèves de conservatoire qui veulent interpréter du contemporain ... Ce pourrait être un simple étalage de techniques hallucinantes, genre jouer plusieurs notes à la fois tout en utilisant les clés comme éléments de percussion, mais c'est aussi une atmosphère légèrement cauchemardesque, une nuit fiévreuse traversée de visions inquiétantes. Cesari accentue il me semble cet aspect onirique, qui sera présent sur plusieurs pièces. La mise en scène y contribue, qui plonge la salle et la scène dans presque l'obscurité, lui éclairé par l'écran d'une tablette informatique où défile la partition.

Giacinto Scelsi - Krishna et Rada

Je ne sais pas très bien pourquoi la soirée est intitulée "autour des mythes grecs", on en est ici assez loin quand même ... Cette pièce est assez différente du Scelsi que je connais, c'est en fait du Scelsi tardif (écrite en 1986). Le piano y est très classique, déroulant lentement une mélodie à la limite du post-romantisme. La flûte s'inscrit par incises, en-dessous ou au-dessus de cette mélodie. Le livret n'indique rien sur les oeuvres, j'apprends en fouillant un peu qu'il s'agit d'une improvisation de Giacinto Scelsi lui-même au piano et du flûtiste Carin Levine.

Brian Ferneyhough - Sisyphus Redux

"Comprendre" une pièce de Ferneyhough à la première écoute serait un peu présomptueux. J'entends un retour périodique, du temps qui tourne en rond, je suppose, par le titre, qu'il y a une suite de variations qui échouent à nous entrainer ailleurs et retombent donc au même point de départ. En tous cas, c'est moins agressif techniquement que "Cassandra Dream's Song" ou "Unity Capsule". Qu'il s'agisse ici de la "création française" montre que Cesari n'est pas vraiment un simple élève de conservatoire ...

Salvatore Sciarrino - D'un faune

Pas beaucoup de souvenirs. Cesari passe à une flute alto (entre la traditionnelle traversière et la basse). Ca commence par des grognements et feulements. On y voit une jungle et des jeux de lumière. On y entend des échos de Debussy. Mais je ne sais plus du tout ce que joue le piano.

Brian Ferneyhough - Mnemosyne

Pour flûte basse et avec bande magnétique. Donnée ici isolément, elle ne donne pas l'apaisement qu'elle procure en fin du cycle "Carceri d'invenzione", mais l'atmosphère onirique joue à plein, dans les vrombissements mystérieux de la flûte basse.

Jonathan Harvey - Nataraja

Encore un mythe pas vraiment grec ! Ce n'est pas la première fois qu'une partition de Harvey me laisse totalement indifférent, pour me plaire plus tard après quelques écoutes. L'atmosphère n'est plus du tout onirique, normal pour ce "seigneur de la danse", mais offre une alternance entre flûte et piccolo, des rythmes acides, des sonorités aigües frôlant la stridence. Peut-être le contraste avec la pièce précédente était-il trop rude sans préparation.

matteo cesari, fuminori tanada

Spotify: Carin Levine – Flutes Without Borders, Giacinto Scelsi – Complete Works for Flute and Clarinet, Jonathan Harvey: Works for flute and piano

Il Giardino Armonico - Bach et l'Italie (Cité de la Musique - 15 Juin 2011)

Arcangelo Corelli - Concerto grosso n°4 op. 6

Ce soir le Giardino Armonico ne comporte que des cordes (y compris un théorbe et un clavecin). Le chef Giovanni Antonini agite largement les bras, surtout quand il s'agit de ralentir. Par rapport à la première fois que je les avais vus, il y a une quinzaine d'années (époque de leur "4 saisons" si spectaculaire), ils se sont bien assagis. Au point de sous-dramatiser l'adagio de ce concerto grosso. Mais belles couleurs, ensoleillées à travers une légère brume.

Francesco Bartolomeo Conti - Cantate "Languet anima mea"

Entrée en scène de Roberta Invernizzi. Sa voix flotte un peu au début, puis s'affirme. Dans cette cantate arrangée par Bach, c'est la deuxième aria que je préfère, où la soprano dialogue avec un violon affable et sereinement mélancolique. P retrouve dans toute cette première partie une atmosphère très vénitienne.

Giuseppe Torelli - Concerto en ré mineur

Pas de souvenirs.

Johann Sebastian Bach - Psaume 51 "Tilge, Höchster, meine Sünden"

Cette adaptation par Bach du "Stabat Mater" de Pergolèse, qui en change le texte pour utiliser le psaume 51 (le livret explique qu'on parle alors de "contrafactum"), est bien évidemment le sommet de ce concert. Mais le fait que je connaisse pas le "Stabat Mater" me prive d'une clé d'appréciation importante. J'apprécie les échanges entre les deux sopranos Bernarda Fink et Roberta Invernizzi, reconnaît quand même les airs les plus célèbres, mais j'ai du mal à trouver l'unité de l'oeuvre, je la perçois comme une suite d'épisodes parfois un peu trop disparates pour être pris dans l'émotion.
Le public emballé réclame un bis et obtient une redite de l'extatique "amen" final.

giardino armonico

Spotify: Arcangelo Corelli : Concerti Grossi, Op. 6, Nos. 1-6, Balthasar-Neumann-Chor – Aus Der Notenbibliothek Von Johann Sebastian Bach Vol. I, Johann Sebastian Bach – Psalm 51 Cantatas 82