Enfin, à 22h, Médéric Collignon arrive sur scène, accompagné de son Jus de Bocse habituel, et de deux quatuors à cordes, qu'il utilisera comme un mini orchestre à cordes. La sono a quelques difficultés à trouver les bons réglages : larsen, micro éteint, cordes inaudibles, tout cela mettra plusieurs morceaux à bien se caler. Cela n'empêche pas Médo de se lancer à fond, à la trompette et à la voix. A la base, des morceaux de King Crimson, donc. Mais bien revisités : on est plus proche du Miles électrique ou de Weather Report que du Rock progressif. C'est donc une sorte de grand melting-pot culturel, avec de l'énergie rock, du groove, des rythmes impairs, des boucles, des parties très écrites pour les cordes, de longues impros au Fender Rhodes ... Mais les ingrédients essentiels sont la batterie de Philippe Gleizes parfaitement à son aise dans ce registre de puissance propulsante, et bien sur le délire de Médéric Collignon, entre chaos et maîtrise.
Un seul set de deux bonnes heures explore de fort diverses facettes de la musique de King Crimson, revisitant toute son histoire. Collignon passe même quelques extraits d'improvisations de Robert Fripp, qui permettent de bien voir que ça n'a pas grand-chose en commun avec ce qu'ils nous proposent ce soir. On en ressort un peu groggy. Mais vaguement déçu, aussi, par l'ambiance gâchée par l'attente et les soucis techniques, et aussi par l'écart entre l'ambition des moyens mis en oeuvre, et le résultat, qui manque paradoxalement de personnalité, sans doute parce qu'il y a trop d'ingrédients dans la sauce, et de pertinence, genre "oui, et alors, à quoi bon tout ça ?", ce que je n'avais pas ressenti dans les concerts où le Jus de Bocse reprenait Miles Davis.
Ailleurs: quelques vidéos sur Youtube, de la même musique mais au Triton :
Part 1, Part 2, Part 3
j'y étais également au pied de Frank Woeste... j'ai bien aimé l'énergie de ce concert... Mais je suis un peu inconditionnel de ce quartet et l'énergie collignonesque ! et puis crimson, c'est si rare !
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