Bref, nous avons Christophe Marguet à la batterie, moins explosif que parfois, plus concentré, mais toujours impressionnant, capable de mettre le feu même avec des mailloches. Henri Texier ne se mettra guère en avant, dirigeant de l'arrière, s'offrant de petits moments à l'archer, un grand pour jouer, et un petit utilisé en instrument percussif sur les cordes. Manu Codjia est toujours aussi versatile, sons liquides ici, brulants là, et nous offre un solo de transformation sonore électronique extraordinaire d'inventivité ("Tormentoso"), avant un morceau très très rock ("Mucho Calor"). Les deux souffleurs, Sébastien Texier et Francesco Bearzatti, jouent plus sur le parallèle que sur le complément, partant tous deux sur la clarinette, ou tous deux sur le saxophone. Ils n'échangent guère les lignes, comme saxo et trompette peuvent le faire. Fidèles à la manière de faire chez Texier, ils prennent les solos l'un après l'autre, déployant leurs idées sur de larges périodes de temps.
Le concert présente essentiellement les morceaux du disque "Canto Negro" (vendu en avant-première lors du concert). Texier a puisé dans son inspiration africaine, oscille entre énergie et tristesse (magnifique "Sueno Canto" final). Quelques pépites plus anciennes ("Sacrifice") complètent le programme.
Tout cela donne de l'excellent Jazz, même si on pourrait rêver de plus de surprises, mais c'est le défaut d'avoir vu souvent ce groupuscule de musiciens, le sentiment de leur prestation devient "excellent, comme d'habitude".
Ailleurs: Ptilou, Emmanuelle Vial