Les morceaux à haut niveau d'énergie s'enchaînent, dont il explicite un peu plus tard les titres : "Elephant's tooth" est le nom du village natal de sa mère, "Escape" est sur ceux qui s'évadent physiquement ou spirituellement, réfugiés ou artistes, "Goodnight Kiss" parle des rêves que les enfants fabriquent à partir des histoires qu'on leur raconte (et qui n’appartiennent qu'à eux) ... Il y a beaucoup de joie dans cette musique, et de chaleur, et les musiciens visiblement se font grand plaisir à la jouer. Et la mise en scène, qui doit rentrer dans l'espace somme toute limité de la grande salle de la Cité, est inventive et variée, jouant entre autre avec de grands panneaux translucides supportant des projections, ou avec des vidéos projetés sur le mur du fond derrière les musiciens.

"Se faire plaisir", semble avair guidé Ibrahim Maalouf dans la conception du concert. Il fait ainsi amener des percussions sur lesquelles le quartet joue (très bien) un morceau percussif spécialement écrit par Galland.

Et puis, il invite d'autres artistes à le rejoindre. Impressionnant défilé : Yael Naïm, la Maîtrise de Radio-France, les soeurs Ibeyi, ses élèves d'un cours d'improvisation, Hiba Tawaji ... Chacun vient faire sont petit morceau, qu'il accompagne de la trompette, mais la cohérence de la première partie se délite peu à peu, et les changements de plateau finissent par gripper l'allant du spectacle, Maalouf lui-même finissant par avoir du mal à expliquer le pourquoi de cette liste d'invités un peu trop fournie dans un spectacle nommé "Essentielles".
C'est pas grave. Le plaisir a été abondant, et le public, et moi aussi, sommes ravis.

Spotify : Ibrahim Maalouf - Red and Black Light, Kalthoum
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