Comme j'adore cette pièce, et que l'interprétation est d'un très haut niveau, je me régale à écouter Ictus. Par contre, je trouve qu'il manque quelque-chose au niveau de la danse. La démarche est brillamment conceptuelle, mais ça manque de chair, de contacts, de corps. Je ne crois pas qu'il y ait un seul moment où les corps sur scène se touchent. Ils courent beaucoup, en rond, comme d'habitude chez Keersmaeker, ils virevoltent et se tordent en tous sens, toujours au plus près de la musique et de ses propres distorsions et transformations, mais restent des vecteurs, non pas anonymes parce que les personnalités sont bien marquées, tant pour les musiciens que pour les danseurs, mais abstraits ; alors que j'aime dans la chorégraphie l'entre-deux des idées incarnées, ici la seconde partie de l'équation manque.

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