J'avais déjà vu Marilyn Crispell en solo. Je retrouve les cavalcades en mains conjointes ou opposées, où l'exubérance d'une joie violente me fait penser à Cecil Taylor, et les séquences plus "musique classique", avec des mélodies délicatement ciselées. L'avantage du duo, c'est que dès qu'elle menace de s'enfermer dans une séquence qui tourne en rond, son compagnon lui propose une porte de sortie, pour arrêter le morceau ou pour passer à autre chose.
Gerry Hemingway, je l'avais aussi déjà vu, en Quartet, et alors sans avoir pris conscience de qui il était. Son jeu est ici plus directement rythmique, guidant l'énergie de la pianiste, mais s'échappe vers la poésie sonore quand l'occasion se présente, avec une maîtrise incroyable des tensions des peaux qui lui permet de dessiner des sortes de mélodies ; le plus beau moment sera un solo où il joue avec de petites cymbales placées sur les fûts, qui enfoncées plus ou moins résonnent à des hauteurs et durées différentes. C'est magique, cpativant, à donner des frissons.
En bis, ils sont rejoints par le violoncelliste Didier Petit.
Spotify: Leur duo Crispell Hemingway - Affinities, un extraordinaire duo Braxton Hemingway - Old Dogs, un concert solo de Marilyn Crispell - Live at Yoshi's (1995).
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