Cette précision se constate principalement, et là avec bonheur, dans la direction du choeur, souverain d'un bout à l'autre. Il n'y a qu'une seule voix, qui module et qui se divise en diverses parties, mais qui reste d'un niveau de qualité et d'une homogénéité absolument sidérante. C'est sur le choeur qu'il faut focaliser son attention, ce que je fais après petite discussion avec Joël à l'entracte, et m'en trouve effectivement bien récompensé. Car les solistes sont eux un peu sacrifiés. Non pas qu'ils soient forcément médiocres, mais ils ne sont en fait qu'à peine présents. Même en duo, une configuration que j'aime tant dans les cantates dirigées par Gardiner, l'émotion ne naît guère des solistes.
Les musiciens ont plus de chance, qui peuvent délivrer de fort jolis solos. Si le prix de la plus belle intervention revient au cor en première partie, et à la flûte dans la seconde (merveilleux Benedictus), tous les pupitres ont des moments de grâce (les trois trompettes et le timbalier me restent le plus en mémoire).
Une très belle prestation, donc, accueillie de manière assez délirante par le public (qui applaudit comme des fous avant l'entracte, obligeant maints retours et saluts du chef !).
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