Cette année, j'ai opté pour une procédure particulièrement confortable pour passer commande : se rendre directement à la Cité de la Musique. En s'abonnant à un Parcours Cité (plus de 10 concerts = 33% de réduction), qui permet d'y ajouter des places à Pleyel (plus de 6 concerts = 10% de réduction), on peut faire d'un seul déplacement deux coups. Les avantages de cette méthode sont nombreux : assis à coté du gars derrière son ordinateur, on peut choisir sa place, concert par concert ; on sait aussitôt quand une catégorie est déjà complète (c'est le cas pour la catégorie 3 du "War Requiem" de Britten, ça va être blindé de chez blindé !), et donc choisir de payer plus ou pas ; cela permet de déjouer les pièges des forfaits particuliers, peu évidents à expliquer sur le bulletin papier ; enfin, on repart directement avec les billets dans la poche, ce qui évite les attentes angoissantes de l'expédition postale.
Je pensais réduire ma consommation Pleyel l'an dernier, ça aura finalement été pour cette année. 12 concerts seulement, au lieu de la vingtaine habituelle. J'ai vraiment l'impression de lire toujours les mêmes compositeurs et toujours les mêmes oeuvres. A l'examen, c'est moins vrai (par exemple, la répartition sans redite des Mahler est assez remarquable), quoique 3 ou 4 fois chaque concerto pour piano de Beethoven par exemple, c'est peut-être un peu trop. Et combien de Sacre cette année ?
Comme la salle n'est pas idéale pour le Jazz (trop froide, la sauce ne prend pas), ni pour la musique de chambre (trop grande, les toux tuent la concentration nécessaire à l'écoute), il y a clairement difficulté à élargir le répertoire des oeuvres proposées. Mais bon, c'est mon problème : je ne suis pas un auditeur normal de musique classique, pour qui la Cinquième de Chosta par Gustavo Dudamel n'a rien à voir avec la Cinquième de Chosta par l'orchestre Pasdeloup. Alors que je fais souvent l'impasse sur une soirée quand elle ne contient que des pièces déjà entendues dans les quelques années précédentes ...
Comme d'habitude, je me retrouve beaucoup plus dans l'éclectisme et les propositions originales de la Cité de la Musique, où je conserve mon régime de croisière : 21 places.
Plutôt que de faire des listes, je préfère pointer quelques soirées particulièrement prometteuses.
A Pleyel :
- un week-end Edgard Varèse, les 3 et 4 Octobre (je suppose que le compositeur sera à l'honneur du Festival d'Automne), avec des images de Gary Hill et une "mise en espace"
- le 16 Novembre, Pollini joue une des pièces où il touche particulièrement au génie de l'interprétation, le concerto pour piano numéro 2 de Béla Bartok, ici dirigé par Pierre Boulez ; avec en supplément "le Mandarin merveilleux". Soirée exceptionnelle, tarif exceptionnel ...
- le 9 Janvier, Ivan Fischer et son Orchestre du Festival de Budapest jouent du Wagner (chanté par Petra Lang). Leur interprétation du "Chant de la Terre" reste la plus belle à laquelle j'ai assisté, du coup, je guette leurs venues !
- le 18 Avril, Marc Ribot présente son trio (avec Jim Hall en deuxième partie) ; pouvoir choisir sa place permet de se placer bien devant, ce qui permettra sans doute à la magie d'opérer !
A la Cité de la Musique :
- le 15 Novembre, Mark Andre présente son tryptique " ... auf ... " dont la première partie m'avait fait très grande impression
- le 23 Janvier, Pascal Rophé dirige un des chefs d'oeuvres de Bruno Mantovani, "Le sette chiese", puis la pièce sans doute la plus accessible de Pierre Boulez, "Rituel in memoriam Bruno Maderna" ; ça peut être un excellent concert d'introduction à la musique contemporaine.
- le 9 Février, l'EIC joue la transcription pour orchestre de chambre du "Chant de la Terre" de Mahler, réalisée par Schönberg ; c'est une transcription (disponible en disque, dirigée par Herreweghe) que j'aime énormément.
- le 15 Avril, toujours l'EIC bien sur, joue "Répons", mais cette fois-ci ce n'est pas Boulez qui dirige, mais Mälkki ! Et comme la spatialisation de l'oeuvre pose le problème de son positionnement dans la salle, l'oeuvre sera jouée deux fois, avec déplacement du public entre les deux exécutions. Je suis curieux du résultat !
Et puis, une "rencontre" Stravinski - Xenakis, de nombreux concerts de Jazz autour de Miles Davis, du multimédia par Laurie Anderson, et une fin d'année sous le signe de Bollywood ...
Allez, suite des opérations avec le Théâtre de la Ville, dans quelques semaines !